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Volume 49, numéro 145 décembre 2013

De l'apprentissage actif, c'est quoi?

La Bibliothèque dote le campus d’une salle techno qui propose une toute nouvelle façon d’enseigner et d’apprendre
«Le cours est déjà fini?» Cette question, l’étudiante en droit notarial Marie-Philippe Nadeau n’est pas la seule à l’avoir posée au terme du cours de trois heures sur le droit immobilier qu’elle a suivi le 20 novembre dernier dans la nouvelle salle d’apprentissage actif de la Bibliothèque.

Le professeur François Brochu, qui donnait le cours, ne tarit pas d’éloges sur cette salle qui démarrera officiellement ses activités en janvier. «Ce fut un bel avant-midi, dit-il. Le concept à la base de la salle renouvelle à la fois la manière d’enseigner et la façon d’apprendre. Dans cet environnement, l’enseignant ne peut pas être statique et parler comme il le ferait dans un amphithéâtre. Il doit circuler entre les tables où prennent place les étudiants afin d’interagir constamment avec eux et les amener à collaborer entre eux.» Ce qu’il a le plus aimé de l’expérience? «Voir les étudiants être actifs et participer, répond-il. J’ai l’impression qu’ils ont beaucoup mieux retenu la matière et qu’ils l’ont mieux comprise.»

Le concept de salle d’apprentissage actif a vu le jour il y a quelques années à l’Université d’État de la Caroline du Nord. Au Québec, certains cégeps et certaines universités ont aménagé des salles de ce type. Dans cette approche pédagogique, l’étudiant doit avoir préalablement assimilé les contenus théoriques, la salle d’apprentissage actif servant à réaliser des exercices, faire des travaux d’équipe et participer à des groupes de discussion.

«Cette approche transforme radicalement la dynamique de la salle de cours classique où l’étudiant est souvent placé dans une posture passive, explique Steve Vachon, directeur adjoint du Bureau des services pédagogiques. La salle d’apprentissage actif amène d’ailleurs l’enseignant à repenser ses interactions avec les étudiants.» Dans un tel environnement, le pédagogue n’agit plus exclusivement à titre d’expert de contenu. Il intervient également à titre de facilitateur qui pose des questions, qui cible les difficultés de compréhension et qui relance les échanges auprès des étudiants. «Il le fait toujours dans l’optique d’impliquer constamment les étudiants dans un processus actif d’apprentissage», souligne ce dernier.

La nouvelle salle de la Bibliothèque comprend six tables ovales de sept places chacune. Le podium de contrôle de l’enseignant est situé au centre de la pièce. Il est équipé, entre autres, d’un ordinateur local et d’une caméra pour la projection d’un document papier ou d’un objet. Les murs faits de verre givré font office de tableaux sur lesquels les équipes de travail inscrivent leurs réflexions de façon schématique. Autour de la salle, chaque équipe dispose d’un grand écran de projection sur lequel les étudiants construisent leurs idées et les partagent. «Les technologies constituent une combinaison intéressante, mais ce n’est pas là la principale nouveauté, affirme Steve Vachon. D’ailleurs, certaines salles dans d’autres universités n’ont pas d’ordinateur ni d’écran. La nouveauté est davantage la configuration d’ensemble de la salle qui offre un environnement propice au travail collaboratif et à l’apprentissage actif.»

Jusqu’à présent, la salle suscite beaucoup d’intérêt, en particulier chez les enseignants qui s’intéressent à la pédagogie active. Le calendrier d’utilisation pour la session d’hiver est en cours de planification. Mais on sait d’ores et déjà que des enseignants des facultés de Droit et des Sciences sociales se partageront la majorité des plages horaires disponibles. Une conseillère en formation accompagnera chacun des pédagogues en plus d’être présente lors des premiers cours. Elle aidera les enseignants à repenser leurs activités, à moins axer leurs cours sur la transmission exclusive de connaissances et à revoir les modes d’évaluation.

Des études concluent à un effet très positif de ce type de salle sur la réussite des étudiants. À l’Université d’État de la Caroline du Nord, on a observé une amélioration de l’attitude des étudiants, de la compréhension des concepts et des habiletés de résolution de problèmes. «À l’Université Laval, cette première salle d’apprentissage actif vient diversifier et enrichir l’offre d’espaces de formation sur le campus, indique Steve Vachon. Il s’agit d’un projet pilote susceptible d’inspirer une réflexion sur la salle de cours traditionnelle et la réalisation de projets d’espaces de formation.»
Photo
Selon cette approche pédagogique, l'étudiant doit avoir préalablement assimilé les contenus théoriques, la salle d'apprentissage actif servant à réaliser des exercices, faire des travaux d'équipe et participer à des groupes de discussion.
Photo: Marc Robitaille

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