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Volume 48, numéro 1831 janvier 2013

À bas la vision binaire!

Le sociologue Michel Dorais présentera une conférence sur la difficulté d’être soi-même quand on déroge à la règle établie en matière de sexualité 
Il n’y a que les hétérosexuels et les homosexuels dans la vie. Il y a aussi les bisexuels qui, comme leur nom l’indique, sont attirés vers les personnes des deux sexes. Les asexuels, eux, ne ressentent pas de désir ni d’attirance sexuelle pour une autre personne. Quant aux ambisexuels, leur sexualité n’est ni clairement homosexuelle ni nettement hétérosexuelle, à la frontière de deux univers. Sans parler des intersexués, dont les organes génitaux sont difficiles ou même impossibles à définir comme mâles ou femelles selon les critères habituels.

Bienvenue dans le monde merveilleux de la sexualité humaine où rien n’est jamais aussi simple qu’on le croit ou qu’on le voudrait.

Une conversation avec Michel Dorais, sociologue de la sexualité, suffit à s’en convaincre. «Dans notre société, on est soit un homme, soit une femme. On est hétéro ou homo. Tout se passe comme si, en dehors de ces identités, il n’y avait pas d’autres choix, d’autres modèles. De plus en plus de chercheurs remettent en question cette vision binaire du monde», explique-t-il.

Professeur à l’École de service social et auteur de nombreux ouvrages sur la sociologie des pratiques sexuelles, Michel Dorais prononcera une conférence sur le sujet le 5 février. Organisée par l’Association canadienne pour la santé mentale, la rencontre portera sur le défi d’être soi en ces temps où cela… ne va pas toujours de soi.

«Parfois, cela ne prend pas grand-chose pour se sentir différent, dit Michel Dorais. Dans une cour d’école, être un garçon aux manières un peu efféminées ou une fille à l’allure masculine peut s’avérer une expérience très difficile. Malgré les embûches, il faut se donner la permission d’être soi.»

À cet égard, la mission des adultes ne consiste pas à être des modèles mais bien des personnes inspirantes, bien dans leur peau et à l’aise avec leurs différences, le cas échéant. Être soi-même et s’aimer comme on est constituent le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un ado, estime le sociologue.

Relever le défi d’être soi dans un monde où la différence est suspecte n’est pas simple. La difficulté ne se limite pas à l’identité sexuelle. Les magazines de mode regorgent d’articles invitant les jeunes filles (le plus souvent) à trouver leur «style», tout en les incitant à suivre les canons de beauté en vigueur. «On parle beaucoup d’hypersexualité chez les jeunes mais jamais du même phénomène chez les vieux, souligne Michel Dorais. On clame partout qu’on doit rester séduisant durant toute notre vie. Pourtant, être soi, c’est aussi accepter de vieillir avec ses rides. Des rides d’expression dans le visage, cela peut tout simplement vouloir dire qu’on a beaucoup ri dans notre existence!»

Être soi-même, c’est aussi ne pas se sentir dévalorisé parce qu’on n’est pas engagé dans une relation amoureuse. Dans les chansons ou dans les téléromans en vogue, le message transmis tient en cette phase: «Je ne suis rien sans toi». «Si tu n’as pas quelqu’un qui t’aime, c’est signe que tu ne vaux rien», résume Michel Dorais. Mais c’est d’abord en étant bien avec soi-même qu’on prend la chance d’être bien avec les autres. C’est aussi en cultivant notre différence et notre originalité qu’on prend la chance d’être attirant. Et ce, qu’on soit un homme ou une femme, homo ou hétéro, ou qu’on se trouve ailleurs dans l’infinie palette des couleurs identitaires.

Mardi 5 février, à 19h30, au Centre communautaire Lucien-Borne (100, chemin Sainte-Foy). Entrée libre.
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