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Volume 48, numéro 2121 février 2013

En bécane dans la neige

Rouler sur les routes glacées en hiver a plus de bon sens qu’on le croit, affirment les aficionados du cyclisme quatre saisons
Lundi matin, 6h. Le soleil n’est pas encore levé, mais Luc Gingras, si. Malgré la neige qui couvre les rues, il enfourche son vélo, prêt à pédaler pour se rendre à son lieu de travail. Son armure hivernale? Casque, passe-montagne, lunettes de ski, trois paires de gants, plusieurs chandails, des bottes et des coussins qui réchauffent les orteils. Quinze kilomètres séparent sa résidence située à Saint-Romuald de l’Université. Plus d’une heure de vélo.

Les cyclistes d’hiver sont-ils courageux ou cinglés? Courageux, certes, cinglés, non. Luc Gingras, pour sa part, aime simplement se déplacer sur sa monture à deux roues. Ancien triathlonien, il s’est rendu jusqu’à la course extrême Ironman. À cause d’une blessure, il s’est rabattu sur le cyclisme, sport qu’il pratique assidûment. Résultat? Dix mille kilomètres de vélo par année...

De nombreux cyclistes d’hiver n’ont pas un tel parcours d’athlète, mais font quand même fi de la neige pour se rendre où bon leur semble. Comme Marc-Antoine Dion qui habite le quartier Saint-Jean-Baptiste et se rend à bicyclette sur le campus. Et top chrono, c’est parti! En moins de 35 minutes, il franchit les 6,5 km qui le séparent de l’Université et arrive… en même temps que sa copine, qui est pourtant partie en autobus du même lieu et en même temps que lui.

Qu’est-ce qui motive ces cyclistes quatre saisons? Écologie, plaisir de rouler, santé ou économie, les avantages sont multiples. Marc-Antoine Dion, lui, s’y est d’abord mis pour épargner. Son premier vélo lui a coûté 75$. Son deuxième, rien du tout: il se l’est bricolé en ramassant des bicyclettes abandonnées aux ordures. En trois ans, il a dépensé environ 300$ pour sa monture, incluant les réparations. C’est ce que coûte le laissez-passer du RTC pour une demi-année au tarif étudiant! Pourrait-on ajouter à ces économies le montant d’un abonnement au gym? Avec plus d’une heure de vélo chaque jour, Marc-Antoine Dion n’a pas besoin d’un entraînement supplémentaire. Sa petite bedaine de bière a disparu… et les endorphines libérées par l’activité physique lui permettent de se sentir bien toute la journée.

Christian DesAlliers en est un autre qui roule à l’année. Lui qui habite à Lévis combine vélo et traversier pour se déplacer. Comme son auto rouillait devant son entrée, il s’en est départi. Économie substantielle, donc. Mais le sportif parle surtout du plaisir de rouler en plein air, de prendre conscience de la nature, de voir évoluer les saisons.

Le vélo a des bienfaits écologiques, car il réduit les émissions de gaz à effet de serre. Mais la réduction de la pollution atmosphérique n’est souvent pas la principale motivation qui anime les cyclistes. Voilà donc détruit le mythe de l’écolo à vélo!

Et le froid, la glace? Pour les cyclistes, il n’y a pas de mauvaise température, seulement une mauvaise sélection de vêtements. Quand on y pense, pédaler réchauffe davantage qu’attendre l’autobus, immobile, figé à scruter le va-et-vient des véhicules. Quant à la glace, on peut y faire face en équipant ses pneus de crampons ou en les dégonflant légèrement pour augmenter leur adhérence. Et puis, les jours de tempête ou de grand froid, il reste l’autobus.

La seule vraie menace, c’est l’automobiliste. Qui peut être impatient, inattentif, parfois agressif. Dans son «salon chauffé sur quatre roues», comme le dit Marc-Antoine Dion, il roule dans le confort, parfois vite, et ne comprend pas toujours les motivations de ces téméraires qui se déplacent en bécane. Les cyclistes doivent donc redoubler de précautions en s'équipant de clignotants, de réflecteurs ou d’un dossard de couleur vive.

Pour faciliter la vie des cyclistes, l’Université met à leur disposition des douches dans les pavillons Price, Pouliot, Desjardins, Savard, Vandry, Casault, Comtois et du Vieux-Séminaire. Ils peuvent aussi utiliser des casiers à vélo sécurisés au coût de 15$ par mois au PEPS ainsi qu’aux pavillons Bonenfant, Vandry, Desjardins et Casault. La Coop Roue-Libre ouvre aussi son atelier de mécanique vélo en hiver le lundi de 16h à 19h et le mardi de 13h à 20h. Environ 13 000 étudiants et employés se rendraient à vélo sur le campus pendant au moins une session. Jean-Sébastien Boucher, coordonnateur en mobilité durable, souligne que la plupart vivent dans un rayon de 7 km, ce qui inclut le Vieux-Québec et Limoilou. Mais certains viennent d’aussi loin que de la Rive-Sud!

Dans le quartier Limoilou, l’organisme VéloCentrix offre des ateliers de formation sur le vélo d’hiver. Comme quoi il existe une demande dans la région. La fin de semaine dernière se tenait d’ailleurs la 11e édition d’Action citoyenne à vélo à Québec. Une trentaine de cyclistes de 17 à 48 ans ont assuré une présence continue dans les rues. Travailleurs ou étudiants, hommes ou femmes… «La cohabitation entre automobilistes et cyclistes doit être rendue possible peu importe la saison. Plus ils se côtoieront, plus ils se respecteront et mieux ils partageront de la route», conclut Christian DesAlliers, qui s’est bien sûr mêlé aux participants.
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