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Volume 48, numéro 1229 novembre 2012

Bosser avec la tête ailleurs

Selon une enquête, plus de la moitié des travailleurs québécois feraient du présentéisme
Vous est-il déjà arrivé d’aller travailler même si vous étiez malade? Si oui, vous avez fait du présentéisme. Votre cas ressemble à celui de milliers de personnes qui se présentent au travail même si elles ne vont pas bien, que ce soit sur le plan physique ou psychologique. C’est ce que révèle une enquête sur les conditions de travail au Québec réalisée notamment par l’Institut de santé publique en 2010.

Michel Vézina, professeur au Département de médecine sociale et préventive, a contribué à l’Enquête québécoise sur les conditions de travail, d’emploi et de SST. Il a présenté récemment les résultats de ce sondage effectué auprès de 5 000 travailleurs. Ainsi, 53% des travailleurs interrogés ont avoué être déjà allés travailler malgré l’impression qu’ils avaient d’être malades, et ce, au moins une fois durant les 12 mois précédant l’enquête. Près de 40% avaient fait du présentéisme de courte durée, soit d’un à 10 jours par année, alors qu’environ 15% l’avaient fait sur une longue durée (10 jours et plus).  

«Le présentéisme est un phénomène qui se caractérise par la présence de travailleurs à leur poste de travail, et ce, même s’ils ont des symptômes ou une maladie qui devraient les amener à se reposer,  rappelle Michel Vézina. En fait, cela signifie que la personne est au travail de corps mais pas en esprit.» Fait troublant, les travailleuses du secteur des soins de santé et des services sociaux constituent la catégorie qui fait le plus preuve de présentéisme de longue durée. «Ce sont des gens malades qui s’occupent de gens malades», constate le chercheur.

Le présentéisme de longue durée se rencontre tout particulièrement chez les personnes qui ont de moins bonnes conditions de travail. En revanche, c’est chez les non-syndiqués, tant chez les hommes que les femmes, que sa prévalence est la plus faible, peu importe le temps qu’elle dure. Pour Michel Vézina, c’est une surprise. L’explication tiendrait peut-être au fait que la baisse de productivité liée à un problème de santé entraîne plus facilement une perte d’emploi chez eux que chez les autres salariés.

Par ailleurs, la prévalence du présentéisme de courte durée chez les personnes ayant des symptômes dépressifs se situe à plus de 45%, tant du côté des hommes que des femmes. Selon Michel Vézina, on doit relier ce constat avec d’autres recherches ayant montré que 44% des travailleurs étant retournés au travail à la suite d’un trouble de santé mentale considéraient que leur problème n’était pas résolu.

Pour consulter l’enquête : www.irsst.qc.ca/-publication-irsst-enquete-quebecoise-conditions-travail-emploi-sst-eqcotesst-r-691.html

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Le présentéisme de longue durée se rencontre surtout chez les personnes qui doivent accomplir un travail émotionnellement exigeant.

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