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Volume 48, numéro 2014 février 2013

Chrétiens de party?

Conçu à la manière d’un festival, le Congrès eucharistique de Québec a su toucher les fidèles, mais n’a pas réussi à les ramener à la messe
On l’accuse d’être complètement déconnectée du monde. Mais dans la tenue d’événements d’envergure, l’Église catholique est aussi branchée que n’importe quelle organisation. Elle sait très bien toucher les cordes sensibles des participants. À preuve, le succès du Congrès eucharistique de Québec qui a eu lieu du 15 au 22 juin 2008. Doté d’un budget de 13 M$, l’événement a réuni près de 12 000 personnes de différents pays. Processions et messes en plein air ont drainé les foules dans les rues de la capitale. Mieux: les journaux ont abondamment parlé de l’événement dans leurs pages.

«Quand on regarde la mise en scène orchestrée autour du Congrès, on se rend compte qu’elle ne diffère pas tellement de celle d’un événement comme le Festival d’été de Québec, explique Jean-Philippe Perreault, chargé d’enseignement à la Faculté de théologie et de sciences religieuses. C’est le catholicisme de marché, ou l’art de se mettre en valeur. Il faut avoir de la visibilité et montrer qu’on existe.» 

Tout le long du congrès, les participants se sont retrouvés dans la vaste enceinte d’ExpoCité, rebaptisée «Cité eucharistique» pour l’occasion. Des immeubles ont changé de nom: le Centre de foire est ainsi devenu la «Place de la vie du monde», et le Pavillon de la jeunesse, le «pavillon François de Laval». L’ancien hall d’exposition des bovins, lui, a été reconverti en «Chapelle de don de Dieu».

Scandant d’une seule voix des chants et des prières, les congressistes ont eu le sentiment de participer à quelque chose d’extraordinaire. «Le temps de ces quelques jours, le croyant ne se sentait plus seul ou marginal, dit Jean-Philippe Perreault. Il a eu la possibilité de sortir dans la rue et d’affirmer publiquement sa foi avec des personnes de même allégeance. Jeunes, vieux, étrangers, tout le monde a fusionné. Les normes établies se sont renversées.»

Comme tout bon show, le Congrès eucharistique a également eu sa vedette en la personne de l’archevêque de Québec, Marc Ouellet (aujourd’hui cardinal et candidat sérieux à la succession du pape Benoît XVI). Lors de la veillée de prière des jeunes, on l’a vu monter sur la scène sous les applaudissements de la foule, qui lui a réservé une ovation debout. Après avoir prononcé un discours sur l’importance du prêtre dans l’Église, Marc Ouellet a quitté les lieux pendant qu’étaient projetées sur écran géant les images de l’ordination de quelques prêtres ayant eu lieu la veille.

À quoi servirait un tel déploiement sans visibilité? À cet égard, les organisateurs du congrès n’ont pas lésiné sur la publicité avant et après l’événement. Clips promotionnels tournés en différentes langues, conférences de presse quotidiennes en présence de monseigneur Ouellet: l’Église a saisi les règles du jeu pour que l’événement soit un succès.

Si le Congrès eucharistique a réussi à faire parler de l’Église catholique le temps de quelques jours, la poussière est pourtant vite retombée lorsque la foule s’en est allée. «Il y avait beaucoup d’espoir quant à la suite des événements, affirme Jean-Philippe Perreault. Le congrès a été un temps fort, mais il n’a pas ramené le monde à la messe.» 
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