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Volume 48, numéro 1831 janvier 2013

Communier pour mieux vivre

La religion et la spiritualité permettraient à des personnes atteintes de cancer de reprendre le contrôle de leur existence
Pour une personne venant de recevoir un diagnostic de cancer, la religion et la spiritualité seraient des outils importants pour reprendre le contrôle et la maîtrise de soi. Ils donneraient au malade un sentiment de pouvoir dans sa lutte pour guérir. Le recours aux pratiques religieuses et spirituelles peut prendre plusieurs formes: assistance à la messe, pèlerinage dans un lieu saint, pratiques de méditation et de visualisation, communion étroite avec la nature. Toutes permettraient à la personne de s’engager activement dans la gestion de sa maladie.

C’est ce qui se dégage d’une étude réalisée conjointement par Nicolas Vonarx, anthropologue et professeur à la Faculté des sciences infirmières, et Shelley-Rose Hyppolite, médecin spécialiste en santé publique.

L’étude a été réalisée à Québec, auprès de 7 femmes et 3 hommes âgés de 55 à 74 ans. Certaines personnes étaient en phase de rémission tandis que d’autres subissaient encore des traitements de chimiothérapie. Tous les répondants vivaient à leur domicile, où se déroulaient les entrevues d’une durée de deux heures. Au cours de ces rencontres, les répondants étaient invités à parler de leur mode de vie et de leur vision du monde avant l’annonce de leur maladie. Ils étaient ensuite interrogés sur la place accordée à la religion et la spiritualité dans leur vie, après avoir su qu’ils étaient atteints d’un cancer.

«Avant le diagnostic, un grand nombre de personnes s’étaient débarrassées de tout référent religieux et avaient rompu avec l’Église, souligne Nicolas Vonarx. Mais celles qui allaient déjà à la messe ont continué d’y participer, certaines avec plus d’assiduité. D’autres sont allées vers le bouddhisme ou l’hindouisme. Plusieurs se sont plongées dans la lecture de livres écrits par des gens ayant vaincu la maladie, en espérant que la même chose leur arrive. Pour changer leur sort, certains ont sollicité Dieu, la Vierge Marie, le Saint-Esprit, leur ange gardien. En complément de la biomédecine, ils ont développé des techniques alternatives de soin comme le yoga, le Reiki et diverses pratiques méditatives. En somme, chaque personne a été une thérapeute pour elle-même.» 

L’expérience a occasionné un retour sur soi salutaire. Les participants ont affirmé comprendre qu’ils avaient une part de responsabilité dans ce qui leur arrivait. L’un d’entre eux a souligné que le désir d’avoir toujours plus d’argent et de performer n’était sans doute pas étranger à l’apparition de la maladie. Quelques répondants ont pointé du doigt leurs relations compliquées avec les autres qui leur avaient en quelque sorte empoisonné l’existence. Difficulté à s’affirmer, sentiment de vacuité: il n’en fallait pas plus, selon eux, pour que les cellules cancéreuses s’activent dans leur corps malade.

La religion et la spiritualité sont reliées à une quête de sens. Et c’est bien à cela que sont confrontées les personnes atteintes de cancer, de souligner Nicolas Vonarx. Après avoir été submergé par un sentiment de désespoir et d’impuissance, le malade réalise qu’il dispose de certains pouvoirs de guérison. La religion et la spiritualité font partie des outils à utiliser pour faire face à cette triste musique. Avec le but ultime de redevenir le chef d’orchestre de sa vie.
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La religion et la spiritualité sont reliées à une quête de sens. Et c'est bien à cela que sont confrontées les personnes atteintes de cancer.

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