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Volume 48, numéro 1510 janvier 2013

Des concepteurs vites sur leurs patins

Des étudiants en architecture ont imaginé des solutions esthétiques et durables pour un éventuel anneau de glace couvert à Québec
Quoi de mieux qu’une compétition de la Coupe Canada de patinage de vitesse longue piste pour présenter des maquettes de ce que pourrait être un éventuel anneau de glace couvert à Québec? C’est exactement ce qu’ont fait quatre équipes d’étudiants à la maîtrise en architecture de l’Université Laval. Le 2 décembre dernier, ils ont présenté leurs projets au Centre national Gaétan-Boucher situé dans l’arrondissement de Sainte-Foy. Ils avaient conçu leurs maquettes à l’hiver 2012 lors de l’atelier Ambiances physiques et design architectural donné par les professeurs Claude Demers et André Potvin.

Le projet de Marie-Alexandrine Beauséjour, Nihad Tariq et Claudie Tessier a attiré les regards. Et pour cause. Au printemps 2012, il a remporté le premier prix du concours The Architecture & Engineering of Sustainable Buildings de l’Association of Collegiate Schools of Architecture. Cette association regroupe 250 universités aux États-Unis et au Canada.

Le projet en question comprend deux bâtiments. L’édifice principal fait 260 mètres par 110 mètres. On y trouve un anneau de glace et deux patinoires de dimensions olympiques. Sa structure est faite de bois d’ingénierie et d’acier. Les gradins fixes peuvent accueillir 2 100 spectateurs. Ils sont faits de béton radiant. «La chaleur dégagée par le système de production de la glace, une fois récupérée, vient chauffer le béton, explique Marie-Alexandrine Beauséjour. Le bois du plafond et des sièges posés sur les gradins réduit la réverbération sonore, ce qui rend le son plus distinct. Par exemple, celui des coups de patin sur la glace.»

Cette réalisation s’intitule Plus rapide que ton ombre. Selon l’étudiante, l’ensemble donne une impression de mouvement, de dynamisme et d’élan, à l’image du patinage de vitesse. Le grand défi de conception consistait à contrôler parfaitement les ambiances intérieures afin de maintenir une glace de qualité olympique. L’objectif: maximiser l’éclairage naturel tout en limitant les gains de chaleur solaire. C’est que les rayons directs du soleil peuvent entraîner la fonte de la glace et éblouir les patineurs. Pour bloquer ces rayons, les étudiantes ont imaginé un système novateur d’occultation pour la façade sud du bâtiment. «Ce système, précise Marie-Alexandrine Beauséjour, est composé de panneaux de bois triangulaires pivotants contrôlés séparément et électroniquement. Ils redirigent la lumière et minimisent la radiation solaire sur la glace. Ils admettent une grande quantité d’éclairage naturel réfléchi. La vue vers l’extérieur du bâtiment n’est jamais compromise. Et la lumière est toujours dirigée par réflexion dans le dos des patineurs.»

Vingt-huit étudiants ont réalisé pas moins de dix projets d’anneaux de glace couverts dans l’atelier Ambiances physiques et design architectural. Les travaux ont été effectués dans l’esprit de l’architecture adaptative. «Cette approche, souligne la professeure Claude Demers, vise à offrir à l’usager des espaces permettant un plus grand contact, physique et visuel, avec l’environnement extérieur.»

Les projets de l’atelier valorisaient le bois. Ce matériau est reconnu pour ses avantages environnementaux. Il contribue, entre autres, à réduire les gaz à effet de serre. «Mais avant tout, indique Claude Demers, le bois est un matériau grandement apprécié des usagers. Il est agréable au toucher, même lorsque l’air ambiant est froid. Il teinte la lumière hivernale de ses couleurs chaudes et réduit les échos dans les grands espaces.»

La démarche de Marie-Alexandrine Beauséjour, Nihad Tariq et Claudie Tessier visait à promouvoir une vision durable et écoresponsable de l’architecture. Selon la professeure, la structure de leur projet permet des adaptations dynamiques qui favorisent la carboneutralité, soit la réduction à zéro des émissions nettes de gaz à effet de serre.

«Notre climat nordique impose des conditions changeantes, grandement diversifiées tout au long de l’année, explique Claude Demers. Un hiver froid et des étés chauds créent des défis particuliers pour une patinoire ouverte à l’année. Une architecture adaptative se veut capable de s’adapter, se modifier au fil du temps, en fonction des besoins des usagers. Dans le projet des trois étudiantes, la structure dynamique des panneaux mobiles permet notamment de conserver l’énergie, le soir, à l’intérieur du bâtiment, qu’il s’agisse d’air frais en été ou d’air tempéré en hiver.»
Photo
Projet Plus rapide que ton ombre. Une réalisation de Marie-Alexandrine Beauséjour, Nihad Tariq et Claudie Tessier.

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