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Volume 47, numéro 1122 novembre 2012

Le docteur a raison?

Seulement une personne sur sept oserait dire à son médecin qu'elle ne partage pas son point de vue
En théorie, la médecine reposant sur la prise de décision partagée est comme la tarte aux pommes. Qui peut s'opposer au fait qu'un médecin et son patient discutent et prennent ensemble une décision en tenant compte des données scientifiques et des préférences du patient? En pratique, toutefois, cette approche se heurte à un obstacle de taille: à peine une personne sur sept oserait dire à son docteur qu'elle ne partage pas sa façon de voir les choses.

C'est ce que démontre une étude publiée dans Archives of Internal Medicine par une équipe dont fait partie France Légaré, professeure à la Faculté de médecine. Les chercheurs ont demandé à 1340 patients ce qu'ils feraient s'ils se retrouvaient dans la situation suivante. Leur médecin leur annonce qu'ils ont une maladie cardiaque modérément grave pour laquelle trois traitements existent: la prise de médicaments, l'angioplastie ou le pontage coronarien. Sur le plan médical, chaque option présente des avantages et des inconvénients et aucune n'est nettement supérieure aux autres.

Les analyses des chercheurs révèlent que plus de 93 % des répondants n'hésiteraient pas à poser des questions à leur médecin et à se prononcer sur le traitement qu'ils préfèrent. Par contre, à peine 14% oseraient lui dire ouvertement qu'ils ne partagent pas son point de vue. Même si 70% des répondants croient qu'une décision médicale revient à parts égales au médecin et au patient, seulement 14% estiment qu'il est socialement acceptable d'exprimer un avis contraire et uniquement 15% croient que quelque chose de bon peut résulter de la confrontation de leurs idées.

Selon France Légaré, l'attitude des patients pourrait s'expliquer par leur manque de connaissances médicales, par la conviction qu'il y a une solution supérieure aux autres et que le médecin la connaît sûrement ou encore par la crainte que leurs rapports avec le médecin en souffrent. «Cette attitude n'est pas seulement un obstacle à la prise de décision partagée, commente la chercheuse. Elle est le reflet d'un modèle – la prise de décision par l'expert – que la prise de décision partagée cherche à remplacer.»
Photo
Oseriez-vous contredire la médecin France Légaré si elle vous recommandait un traitement qui vous déplaît? Vous devriez vous sentir libre de le faire, estime-t-elle.
Photo: Marc Robitaille

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