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Volume 48, numéro 1015 novembre 2012

Un étudiant chez les Remparts

Le hockeyeur Marc-Antoine Carrier parle des exigences du sport de compétition et de son désir d’étudier la médecine
Les Remparts de Québec forment cet automne l’une des meilleures équipes juniors au pays. Et ce succès, ils le doivent en partie à un étudiant inscrit au baccalauréat en biologie à l’Université Laval, Marc-Antoine Carrier. Ce défenseur à caractère offensif de 1,75 mètre et 86 kilos occupe actuellement le cinquième rang des meilleurs pointeurs de son équipe avec une fiche de six buts et neuf passes en dix-neuf parties.

«Sur le plan défensif, mon coéquipier Martin Lefebvre et moi avons une grande part de responsabilité, car nous jouons généralement contre la grosse ligne offensive adverse», explique-t-il.

À 20 ans, ce jeune homme sociable et intelligent affiche une maturité certaine. Il faut dire qu’il a un parcours atypique derrière lui. À 16 ans, il quitte le Québec pour les États-Unis afin de poursuivre ses études tout en continuant à pratiquer le hockey de compétition. Il passe ainsi deux ans à Lake Placid, dans l’État de New York, dans une école secondaire privée. À sa dernière saison avec les Huskies, il cumule 19 points en 38 parties.

L’année suivante, il entreprend des études en neurosciences à l’Université Brown, à Providence, dans le Rhode Island. Cet établissement a une équipe de hockey qui évolue en première division de la National Collegiate Athletic Association (NCAA) et qui tient absolument à le recruter. Mais après un an et demi, Marc-Antoine Carrier réalise qu’il voyait trop grand. «Je me couchais tard après avoir étudié, raconte-t-il. Le lendemain, je me levais tôt pour m’entraîner avec l’équipe. Je n’étais pas heureux.»

Il décide alors de rentrer au Québec et de terminer ses études collégiales pour entrer à l’université, où il veut se faire admettre en médecine. Il fait une croix sur sa carrière de hockeyeur… jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de fil de l’entraîneur-chef des Remparts de Québec. Patrick Roy le convainc de terminer sa carrière au hockey avec l’équipe de la capitale, en offrant des aménagements pour qu’il puisse poursuivre ses études. Cet automne, l’étudiant peut suivre quatre cours à l’Université Laval entre les moments où il doit sauter sur la glace – environ cinq pratiques et trois parties chaque semaine.

Son premier match dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Marc-Antoine Carrier le dispute le 3 février dernier. «Le style de jeu est différent de celui de la NCAA, dit-il. Au hockey universitaire américain, les joueurs sont plus âgés, donc plus matures physiquement. Ils patinent un peu plus vite. Le jeu est plus robuste et plus hermétique.»

La détermination le décrit bien, comme athlète et comme personne. «Je n’étais pas le plus talentueux quand j’étais jeune, mais j’ai travaillé fort pour m’améliorer.» Relativement solide pour son «petit» gabarit, il estime que sa principale qualité est la mobilité. Il se compare à Mark Streit, le défenseur suisse qui a joué quelques saisons avec les Canadiens.

Comme hockeyeur et comme futur étudiant en médecine, Marc-Antoine Carrier a de qui tenir. Son père, médecin de profession, a évolué comme défenseur dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec au début des années 1980.

Le jeune Marc-Antoine a donné ses premiers coups de patin vers trois ou quatre ans, sur une patinoire extérieure. Sa mère était, elle aussi, une mordue de hockey. «Il y avait des bâtons de hockey un peu partout dans la maison», se rappelle-t-il. Ses parents, on l’aura compris, le soutiennent dans ses efforts. Ils vont jusqu’à surveiller le contenu de son assiette! Le dimanche soir, les Carrier planifient ensemble le menu de la semaine. En prévision d’un entraînement ou d’une partie, le repas familial sera constitué d’aliments sains qui se digèrent bien.

Le jeune athlète va d’ailleurs devenir une tête d’affiche de la saine alimentation. À compter de janvier prochain, la Fédération des producteurs de lait du Québec diffusera au Réseau des sports une vidéo promotionnelle sur les bienfaits du lait au chocolat (www.laitauchocolat.com), où le hockeyeur parlera notamment de sa préparation d’avant-match.

Plus jeune, Marc-Antoine Carrier avait deux rêves. «Mon objectif premier était de jouer dans la Ligue nationale, explique-t-il. L’autre était de pratiquer la médecine. Je me disais que si ça ne fonctionnait pas pour le hockey, j’aurais une solution de rechange.» Avec le temps, il est devenu réaliste. Il sait qu’il pourrait évoluer dans un circuit mineur comme la East Coast League, peut-être même percer dans la Ligue américaine de hockey. Mais il n’est pas prêt à poursuivre un rêve qui ne se réalisera peut-être pas. «La médecine, compte tenu des années d’études que ça comporte, ne me permet pas de prendre ce risque.»

L’étudiant-athlète approche donc sa saison comme la dernière en hockey de compétition. «Je me mets moins de pression sur les épaules, souligne-t-il. J’essaie d’en profiter au maximum et d’avoir du plaisir. Cette optique me permet d’avoir plus de succès…»
Photo
Marc-Antoine Carrier lors d'une partie contre les Olympiques de Gatineau au Colisée Pepsi, cet automne. Les Remparts arboraient la couleur rose en soutien à la recherche sur le cancer du sein.
Photo: Bruno Tremblay

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