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Volume 48, numéro 2121 juin 2012

Un extracteur de molécules «santé»

Des chercheurs en nutrition perfectionnent une technologie qui facilite l’extraction de molécules bénéfiques pour la santé humaine
Des chercheurs de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) ont développé une technologie qui permet d'isoler rapidement et efficacement, à partir de protéines, des molécules qui ont des vertus pour la santé humaine. Ce procédé serait transposable à l'échelle industrielle et, comme il ne fait appel qu'à de l'eau et à des sels, il est nickel sur le plan environnemental.

«En général, les molécules bioactives sont peu abondantes dans les protéines, explique le chercheur Laurent Bazinet. Pour en tirer des produits efficaces et commercialisables, il faut les extraire et les concentrer. Or, les procédés existants ne permettent pas de séparer, à grande échelle, différentes molécules ayant un même poids moléculaire.»

La première étape pour isoler une molécule bioactive consiste à placer des protéines en solution et à utiliser des enzymes pour les couper à des endroits stratégiques. Il en résulte une soupe de peptides de laquelle il faut extraire les molécules bioactives recherchées. «Notre procédé permet de réaliser l'hydrolyse des protéines et la séparation des peptides dans un même bioréacteur, explique le professeur du Département des sciences des aliments et de nutrition. La séparation se fait grâce à une technique qui tient compte à la fois de la taille du peptide et de sa charge électrique.»

Le professeur Bazinet et ses confrères Alain Doyen de l'INAF et Éric Husson du CNRS de France ont fait la démonstration de la validité de cette approche dans un récent numéro de la revue Food Chemistry. Les chercheurs ont utilisé une protéine laitière particulièrement riche en acides aminés essentiels, la ß-lactoglobuline, et ils en ont extrait 22 fractions peptidiques, dont 19 ont des propriétés bioactives reconnues. «En quatre heures de traitement, nous parvenons à récupérer jusqu'à 80% de certaines molécules bioactives présentes dans le bioréacteur.»

Le procédé pourrait être transposé à l'échelle industrielle, assure le chercheur. «En augmentant la surface des membranes de filtration que nous utilisons pour isoler les peptides, nous pouvons placer de plus grands volumes de protéines dans le bioréacteur ou réduire le temps de traitement. De plus, il s'agit d'une technologie verte parce que, contrairement à d'autres approches, elle ne fait intervenir ni solvant ni réactif chimique.»

Ce procédé suscite beaucoup d'intérêt du côté des entreprises, affirme le chercheur. «J'ai reçu de nombreux appels de la part d'industries pharmaceutiques et agroalimentaires qui souhaitent en faire l'essai pour extraire des fractions bioactives des hydrolysats qu'elles produisent.» Afin de répondre à la demande, le chercheur envisage une collaboration avec le Centre de développement bioalimentaire du Québec, situé à La Pocatière. «L'idée serait que le centre se dote d'un bioréacteur pré-industriel où les compagnies pourraient mettre notre technologie à l'épreuve.»
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Ce prototype parvient, en quatre heures de traitement, à récupérer jusqu'à 80% de certaines molécules bioactives présentes dans le bioréacteur.

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