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Volume 48, numéro 197 février 2013

Guider le courant

Un groupe d'experts recommande l'adoption de normes nationales pour mieux encadrer les traitements par électrochocs
La plupart des centres hospitaliers canadiens qui offrent des traitements par électrochocs disposent de politiques et de règles régissant cette thérapie. Toutefois, il existe suffisamment de zones d'ombre pour qu'un groupe d'experts, dont fait partie le professeur de psychiatrie Simon Patry, recommande l'adoption de normes nationales encadrant les électrochocs et la création d'un organisme qui veillerait à leur application.

Les électrochocs constituent un traitement reconnu pour certains problèmes de santé mentale, notamment les cas réfractaires de dépression majeure et de maladie bipolaire. Au Canada, 75 000 traitements par électrochocs sont administrés annuellement. «Ce n'est pas quelque chose qu'on offre à tous les patients, précise d'emblée le professeur Patry. Faire passer un courant électrique dans le corps d'une personne n'est pas anodin et il peut y avoir des effets secondaires. Par contre, dans certains cas, c'est le meilleur traitement disponible.»

L'absence de lignes directrices nationales titillait le groupe d'experts canadiens. C'est ce qui l'a incité à mener une étude sur les politiques et les règles qui encadrent ce traitement dans les 175 centres hospitaliers où il est pratiqué au pays. Les résultats de l’enquête, à laquelle 107 centres ont participé, révèlent que 84% d’entre eux ont une politique générale encadrant l'administration des électrochocs. Par contre, moins de 50% de ces politiques contiennent des précisions touchant le dosage des électrochocs et le positionnement des électrodes, signalent les chercheurs dans un récent numéro du Canadian Journal of Psychiatry.

De plus, moins de 30 % des politiques abordent la question des changements de médication des patients pendant la durée du traitement. Enfin, dans un pourcentage élevé de centres, le formulaire de consentement ne contient aucune information sur les autres traitements possibles (45%), les risques et les bénéfices, le nombre de traitements requis, le droit de cesser le traitement (20%) et l'absence de garantie d'efficacité (40%).

Les mêmes chercheurs se sont penchés sur la formation universitaire touchant les électrochocs. Selon l'étude qu'ils publient sur la question dans le Journal of Electroconvulsive Therapy, 60% des centres n'auraient pas de programme structuré et obligatoire d'enseignement dans ce domaine. «Il faudrait mieux encadrer l'enseignement pour rendre cette thérapie accessible à tous les patients qui pourraient en profiter et pour surmonter les préjugés qui y sont associés», estime le professeur Patry.

Il ne faut pas croire que les traitements par électrochocs sont donnés n'importe comment présentement, poursuit-il. «Cependant, il y a lieu d'uniformiser les pratiques et le plus tôt sera le mieux. L'adoption de normes nationales et la création d'un organisme qui veillerait à les faire respecter permettraient d'offrir les meilleurs soins possibles aux patients. Je pense que ces recommandations vont être bien reçues par les centres hospitaliers. Personne n'est contre la vertu.»
Photo
La scène d'électrochocs de «Vol au-dessus d'un nid de coucou» a contribué à l'image très négative de cette thérapie. Les traitements actuels n'ont plus rien à voir avec ceux reproduits dans ce film, assure le psychiatre Simon Patry.

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