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Volume 48, numéro 213 septembre 2012

Le Mali en crise

La communauté universitaire est conviée à un gala au pavillon Alphonse-Desjardins le 22 septembre en vue d’amasser des dons pour les sinistrés de cet État d’Afrique de l’Ouest
Les yeux d’Abdoulaye Sonko s’illuminent lorsqu’il parle du Mali. Cet amour indéfectible pour sa terre natale l’a poussé à organiser un gala pour venir en aide aux nombreuses victimes du pays, en proie à une crise sociopolitique sans précédent. Au menu de cette soirée du 22 septembre: buffet, animation, prestations musicales, danses, poésie et défilé de costumes traditionnels.

L’étudiant en actuariat et président de l’Association malienne de Québec a dépassé le stade des velléités. Pour lui, l’heure est à l’action. «La situation est alarmante. On ne peut pas rester indifférent. Il faut se demander ce qu’on peut faire pour que la situation au Mali s’améliore. Tu n’as pas besoin d’être nommé premier ministre ou président de la République pour agir!»

Depuis l’hiver dernier, la communauté internationale a les yeux braqués sur ce pays enclavé en Afrique de l’Ouest, où le président Amadou Toumani Touré a été renversé par un coup d’État militaire. Selon la junte, celui-ci était inapte à lutter efficacement contre le terrorisme qui sévit dans le nord du pays. Les soldats ont instauré un couvre-feu, dissout les institutions et suspendu la Constitution. Pendant ce temps, le pays est en proie à la sécheresse, à une grave crise alimentaire et à des migrations massives vers les pays limitrophes.

La situation inquiète l’association, qui a voulu lancer un cri d’alerte aux Québécois et un appel au rassemblement. «Il fallait trouver les bons ingrédients pour sensibiliser les gens. Notre événement permet non seulement de parler de l’urgence humanitaire, mais aussi de nous retrouver. Cette période n’est pas facile», explique Abdoulaye Sonko.

Tous les dons recueillis iront à la Croix-Rouge canadienne, qui apporte un soutien technique et logistique au pays depuis le début des tensions. Les donateurs sont invités à libeller leur chèque au nom de l’organisme, en inscrivant la mention «crise alimentaire en Afrique de l’Ouest». «L’idée est de créer une chaîne de générosité de manière à ce que cette crise alimentaire se termine», explique le responsable du financement de l’organisation, Ghassan Brax.

Adib Benchérif, étudiant à la maîtrise en études internationales et auxiliaire de recherche au Programme Paix et sécurité internationale, a rédigé une analyse du conflit publiée sur le site de l’Institut québécois des hautes études internationales. Il se réjouit de l’initiative de l’association. Mais, prévient-il, il ne faut pas se limiter uniquement à ce type d’activités.

«Les actions de la Croix-Rouge sont capitales parce que le Mali se trouve dans une dynamique d’urgence, mais il ne faut pas que l’aide se résume à ça. À force de focaliser son attention sur l’urgence, on ne résout rien.» Selon lui, il faut régler les problèmes de famine, mais aussi, à plus long terme, apporter un soutien à la gouvernance. «On doit essayer de créer des ressorts pour qu’il n’y ait plus de problèmes politiques tel un coup d’État.»

Ghassan Brax, pour sa part, se dit confiant pour la suite des choses. «On n’a pas le choix d’être optimiste. Bâtir, c’est aussi partager son espoir.»
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«Tu n'as pas besoin d'être nommé premier ministre ou président de la République pour agir», lance Abdoulaye Sonko, étudiant en actuariat, qui organise un gala humanitaire pour son pays natal.

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