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Volume 48, numéro 1015 novembre 2012

Maigrir pour bébé

Perdre beaucoup de poids profite non seulement aux femmes souffrant d’obésité morbide, mais aussi aux enfants qu'elles auront
L'importante perte de poids entraînée par la chirurgie bariatrique produit des bienfaits non seulement sur la santé des obèses morbides, mais aussi sur celle de leur future progéniture. En effet, les enfants qui naissent après cette intervention courent moins de risques que leurs frères et sœurs aînés de devenir obèses ou de souffrir d'hypertension, de résistance à l'insuline ou de maladies cardiovasculaires. La raison? La perte de poids de leur mère améliore l'environnement in utero dans lequel ils se développent, ce qui modifie l'expression d'un grand nombre de gènes ayant une incidence sur leur santé.

C’est ce qu’ont annoncé des chercheurs de l'Université lors du Congrès canadien en santé cardiovasculaire qui se déroulait à Toronto à la fin octobre. Frédéric Guénard et Marie-Claude Vohl, du Département des sciences des aliments et de nutrition, Picard Marceau, Katherine Cianflone et Yves Deshaies, de la Faculté de médecine, et leur collègue John Kral, du SUNY Downstate Medical Center, ont comparé le génome de deux groupes de 25 enfants nés avant ou après la chirurgie bariatrique de leur mère. Cette intervention, qui vise à réduire la quantité de calories absorbées par le système digestif, avait fait passer l'indice de masse corporelle des patientes de 45 à 27. À titre indicatif, cet indice se situe entre 20 et 25 chez une personne de poids normal.

Les chercheurs ont découvert des différences importantes dans le génome des deux groupes d'enfants. En effet, plus de 5500 gènes affichaient des écarts sur le plan de la méthylation. La méthylation des gènes survient pendant le développement embryonnaire alors que de petites molécules, appelées groupements méthyle (CH3), se fixent sur certains gènes, le plus souvent pour en empêcher l'expression. Le niveau de méthylation des gènes dépend de l'environnement dans lequel se trouve le fœtus. Dans la plupart des cas, l'occultation d'un gène méthylé est permanente.

Parmi les gènes qui affichaient des différences de méthylation, les chercheurs en ont découvert plus de 500 qui étaient reliés à la réponse inflammatoire de l'organisme. «Les processus inflammatoires feraient partie du cocktail de facteurs impliqués dans le développement des maladies cardiovasculaires et du diabète, précise Frédéric Guénard. Nous croyons donc que la perte de poids engendrée par la chirurgie bariatrique modifierait l'environnement du fœtus, ce qui aurait des répercussions sur le niveau de méthylation des gènes, notamment ceux qui sont impliqués dans les maladies inflammatoires.»
Photo
Le niveau d'expression d'un gène est modulé par la présence de groupements méthyle sur la molécule d'ADN (illustrés par des sphères blanches sur l’image). Les enfants nés avant ou après une chirurgie bariatrique montrent des différences de méthylation dans plus de 5500 gènes.
Photo: Christoph Bock/Max Planck Institute for Informatics

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