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Volume 48, numéro 1617 janvier 2013

Le manifeste des sardines

Une étudiante en architecture partage en photos son voyage de recherche aux Pays-Bas, où elle a fait l’expérience de la densité urbaine
Vivre tassés comme des sardines, c’est étouffant? «Au contraire!», assure Marika Drolet-Ferguson. L’artiste et étudiante à la maîtrise en architecture veut en faire la preuve avec son exposition «La densité confortable à Amsterdam» présentée du 21 janvier au 15 février à l'École d'architecture.

Densité et confort: ces deux mots mis ensemble font sourciller, admet celle qui a aussi étudié en arts visuels. Pourtant, leur compatibilité lui est apparue comme une évidence aux mois de juin et juillet derniers alors qu’elle habitait le quartier historique de Jordaan à Amsterdam. «C’est le coin le plus densément peuplé de la ville avec 19 458 habitants par km2, explique la jeune femme. Par comparaison, les arrondissements de la ville de Québec comptent en moyenne 1 137 habitants par km2.»

En Hollande, où elle a séjourné grâce à la bourse Innovation de la Ville de Québec, l’étudiante a pu tâter le pouls d’un mode de vie qui favorise la cohabitation agréable: commerces de proximité, emplois accessibles à pied, mélange des classes sociales, rues qui appartiennent à tous et aménagement d’espaces verts. De ses observations, elle a tiré plusieurs clichés dont une vingtaine font partie de son exposition. Voisins qui échangent depuis leurs balcons, homme installé à sa table bistrot placée à même le trottoir… «J’ai choisi de capter le quotidien des habitants pour permettre aux spectateurs de ressentir ce mode de vie que j’ai apprécié et leur donner le goût d’explorer l’idée qu’il peut être agréable de vivre ensemble, même en zone urbaine densément peuplée», précise la future architecte.

En cela, sa démarche diffère de la manière habituelle de faire dans son domaine. «Le plus souvent, on expose les projets d’habitation sous l’angle de leur construction et de leur design», note Marika Drolet-Ferguson qui s’étonne encore de la facilité d’accès et de la tolérance de ce peuple qu’elle a côtoyé. «Dans l’immeuble où j’habitais, les escaliers étaient des lieux de rencontre. Et quand je demandais aux gens la permission de les photographier, ils m’invitaient à me joindre à eux pour prendre un verre ou un café!»

La qualité de vie dans un milieu donné ne serait donc pas tant une affaire de densité qu’une affaire de culture. Or, cette culture peut-elle trouver preneur chez nous? «À mon retour, dit cette résidente de Québec, j’en ai perçu des signes dans les zones plus peuplées de la ville comme le faubourg Saint-Jean et le quartier Limoilou. Ça m’a donné espoir». Comme si la densité appelait à la convivialité? «Je le crois. Chose certaine, la proximité facilite les rencontres.»

Marika Drolet-Ferguson entend réaliser d’autres voyages dans l’avenir pour nourrir ses réflexions. Ayant eu l’occasion aux Pays-Bas de visiter divers projets de design qui favorisent le confort urbain, la jeune femme souhaite également contribuer au développement d’une meilleure habitation citadine à Québec. Comment relever le défi? «En encourageant le covoiturage, les rues piétonnes, l’installation de micro-entreprises au centre-ville. Sans oublier de miser sur le bonheur à vélo grâce à une cohabitation plus harmonieuse avec les voitures et davantage de parcours cyclables.» Autant de petits gestes, conclut l’exposante, qui devraient nous aider à créer une densité urbaine de plus en plus agréable chez nous.

Du 21 janvier au 15 février à la salle Jean-Marie-Roy (1106) de l'École d'architecture.
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