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Volume 48, numéro 136 décembre 2012

Mieux vivre avec le cancer

Des chercheurs ont mis au point une intervention psychologique qui améliore la qualité de vie des personnes atteintes
Un choc, un mur, une malédiction, le néant. Un diagnostic de cancer et son cortège d'incertitudes imposent à l'esprit la perspective de la mort, source de détresse existentielle profonde. «Nous avons appris à maîtriser la douleur et les symptômes physiques des personnes atteintes de cancer, mais il reste beaucoup à faire pour soulager la souffrance existentielle», a reconnu Pierre Gagnon, professeur de la Faculté de pharmacie et chercheur au CHUQ/Hôtel-Dieu, lors de la Journée scientifique Michel-Sarrazin, qui se déroulait sur le campus le 30 novembre.

La détresse existentielle est une composante négligée des psychothérapies offertes aux personnes dont la vie est menacée par une tumeur. Pourtant, la perte de sens, la souffrance et la solitude ainsi que le sentiment de ne plus contrôler sa propre vie peuvent affecter jusqu'à 50% de ces personnes. «C'est à la demande des patients eux-mêmes que nous avons mis sur pied une intervention visant à améliorer leur qualité de vie existentielle et globale», précise le professeur Gagnon, qui est également directeur scientifique de l'Équipe de recherche Michel-Sarrazin en oncologie psychosociale et soins palliatifs.

Cette intervention, qui comporte 12 ateliers de 2 heures répartis sur 12 semaines, s'adresse aux personnes chez qui un cancer non métastatique vient d'être découvert. Les participants y abordent, sous la supervision d'une psychologue ou d'une travailleuse sociale, des questions touchant la qualité de vie, l'observation des pensées et des émotions, le travail de deuil, l'histoire de vie et les accomplissements, l'attitude devant la souffrance inévitable, la finitude, la spiritualité ainsi que le sens à travers l'amour, la beauté et l'humour.

Pour évaluer l'efficacité de cette thérapie, les chercheurs ont mené une étude pilote comparant la qualité de vie de patients qui ont profité du programme à celle de patients qui ont reçu les soins habituels. Résultats? Au cours du suivi de 12 semaines, la qualité de vie existentielle et globale est demeurée constante dans le groupe témoin alors qu'elle s'est améliorée dans le groupe qui a profité de l'intervention. «La recherche de sens qui accompagne un cancer répondrait à un besoin essentiel et permettrait d'améliorer la qualité de vie», avance Pierre Gagnon.

Les meilleurs résultats ont été produits par l'intervention collective. «Les gens travaillent peut-être plus fort en groupe ou bien ils bénéficient d’ingrédients absents lors des rencontres individuelles, par exemple le soutien des pairs ou la mise en partage de stratégies d'adaptation. De plus, parler de son vécu devant plusieurs personnes peut être libérateur», ajoute-t-il.

Ces résultats encourageants ont incité son équipe à répéter l'expérience auprès d'un plus grand nombre de patients. Les résultats de l'étude, à laquelle 242 personnes ont participé, seront divulgués dans le courant de l'année 2013. Une version condensée du programme, destinée aux personnes atteintes de cancer métastatique, fait aussi l'objet d'une évaluation.
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La recherche de sens qui accompagne un cancer répondrait à un besoin essentiel.

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