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Volume 48, numéro 2314 mars 2013

Mortelle canicule

Le risque de mortalité a augmenté de 33% au Québec pendant la vague de chaleur de juillet 2010
La vague de chaleur qui a frappé le Québec en juillet 2010 aurait entraîné 280 décès et 3400 admissions aux urgences. C'est le bilan que dressent des chercheurs de l'Université Laval, de l'Institut national de santé publique et de l'INRS après avoir analysé les répercussions des cinq journées consécutives où le mercure a franchi la barre des 33 degrés Celsius dans le Sud du Québec cette année-là.

Pour faire cette démonstration, les chercheurs ont comparé les statistiques de décès et d'admissions aux urgences pendant la vague de chaleur de 2010 à ce qui avait été observé pendant les périodes correspondantes lors des cinq années précédentes. La période étudiée s'étend du début de la canicule – qui a sévi du 5 au 9 juillet – jusqu'au 12 juillet. «Nous ajoutons ces trois journées afin de tenir compte des effets à retardement de la chaleur sur la santé, précise le premier auteur de l'étude, Ray Bustinza. On ne meurt pas directement de chaleur, mais de ses répercussions. La température élevée cause une déshydratation et un épaississement du sang qui augmentent le risque de décès chez les personnes qui souffrent déjà de maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Les problèmes peuvent donc se manifester une fois la canicule terminée.»

Les analyses révèlent que, pendant la période critique, le taux de mortalité a augmenté de 33%, soit l'équivalent de 280 décès. Le pic de mortalité a été atteint au quatrième jour de canicule; il était alors 93% plus élevé que la normale. Quant aux admissions aux urgences, elles ont grimpé de 4% pendant la même période, ce qui s'est traduit par 3400 patients de plus. L'accroissement maximal (17%) a été enregistré sept jours après le début de l’épisode climatique. C'est la région de Montréal qui a été la plus durement frappée tant pour les admissions aux urgences que pour les décès.

Ce bilan est moins lourd que celui enregistré lors des canicules de 1987 et 1994, et ce, même si la population compte davantage de personnes âgées, observent les chercheurs. La popularité des climatiseurs pourrait y être pour quelque chose. On en trouve maintenant dans 42% des foyers québécois comparativement à 17% en 1987. Le plan d'intervention et de prévention en santé publique pendant les vagues de chaleur, qui a été adopté en 2006 par le Québec, contribue aussi à limiter les dégâts. Depuis 2010, un système de surveillance accessible au personnel du réseau de la santé permet de suivre en temps réel l'évolution des conditions météorologiques et des problèmes de santé pendant les canicules dans chaque région touchée.

Les chercheurs tentent maintenant de peaufiner ce système. «C'est important étant donné que la population est vieillissante et que l'incidence des canicules risque d'augmenter avec le réchauffement climatique, souligne Ray Bustinza. La plupart des décès causés par la chaleur pourraient être évités par des mesures de communication et de prévention efficaces. Mais, au bout du compte, tout dépend de ce que les gens font avec cette information.»

L'article paru dans BMC Public Health est signé par Ray Bustinza, Germain Lebel, Pierre Gosselin, Diane Bélanger et Fateh Chebana.
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