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Volume 48, numéro 1724 janvier 2013

Du neuf sous le soleil

Des chercheurs démontrent le rôle d’une protéine dans la réparation des dommages causés à l'ADN par les ultraviolets
Une équipe de la Faculté de médecine a franchi un nouveau pas dans la compréhension des mécanismes de réparation de l'ADN. En effet, dans un article publié le 14 janvier dans le site Web des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), le professeur Girish Shah et son équipe du Centre de recherche du CHUQ décrivent le rôle de la PARP-1 (poly-ADP-ribose polymérase 1) dans la réparation des dommages induits dans le génome par les rayons ultraviolets.

L'exposition aux ultraviolets peut provoquer des photoréactions qui altèrent les molécules formant l'ADN. Comme la multiplication d'un gène ainsi muté peut conduire à un cancer, une armada de protéines de surveillance balaie continuellement l'ADN afin d'en assurer l'intégrité. Lorsque des dommages importants sont repérés, l'autodestruction de la cellule est activée. Lorsque les dommages sont mineurs, un mécanisme de réparation s'enclenche.

L'un de ces mécanismes, la réparation par excision de nucléotides, fait intervenir une trentaine de protéines qui repère le site endommagé, excise le segment d'ADN dans lequel se trouvent les altérations et le remplace par des nucléotides intacts. «Bien que les protéines qui interviennent dans ce mécanisme aient été bien étudiées, nous ne parvenions pas encore à expliquer la rapidité et l'efficacité avec laquelle quelques molécules endommagées peuvent être repérées parmi des milliers de molécules intactes», souligne le professeur Shah.

Les travaux que son équipe publie dans PNAS suggèrent que la protéine PARP-1 serait impliquée dans la célérité de cette intervention. En effet, les chercheurs ont démontré qu'une déplétion de cette protéine ou une inhibition de son activité ralentit radicalement l'élimination des dommages causés par les ultraviolets dans des cellules de peau humaine cultivées in vitro.

En raison de son abondance et de sa propension à être facilement activée, la PARP-1 mettrait à peine cinq secondes – et peut-être beaucoup moins – à se rendre au site où l'ADN est endommagé. Une autre protéine impliquée dans le repérage des dommages, la DDB2, arriverait presque au même moment, s'associerait à la PARP-1 dans le voisinage du site endommagé et stimulerait son activité. «Les deux protéines collaborent pour augmenter l'efficacité du repérage des dommages», résume le professeur Shah.

En théorie, le rôle de gardien du génome joué par la PARP-1 pourrait avoir des retombées cliniques, avance le chercheur. On pourrait, par exemple, ajouter dans les crèmes solaires des molécules qui stimulent l'activité de la PARP-1 afin de mieux protéger les cellules de la peau. À l'inverse, on pourrait recourir à des inhibiteurs de cette protéine pour améliorer l'efficacité des traitements contre le cancer. Ces inhibiteurs empêcheraient la réparation des dommages à l'ADN des cellules cancéreuses que les traitements visent à détruire.

L'article publié dans PNAS est signé par Mihaela Robu, Rashmi Shah, Nancy Petitclerc, Julie Brind'Amour, Febitha Kandan-Kulangura et Girish Shah.
Photo
Devant, Girish Shah, Febitha Kandan-Kulangara et Rashmi Shah, à l'arrière, Alicia Montoni, Véronique Richard, Mihaela Robu et Nancy Petitclerc dans leur laboratoire du Centre de recherche du CHUQ.
Photo: Marc Auger

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