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Volume 48, numéro 136 décembre 2012

Un nouveau marqueur pour la leucémie

Des chercheurs découvrent un gène qui permet de prédire la progression de la maladie et les risques de résistance à la chimiothérapie
Une équipe internationale formée de chercheurs de l'Université Laval et de l'Université de Vienne annonce la découverte d'un nouveau marqueur pronostique pour la plus courante des leucémies. Les travaux de cette équipe, publiés dans un récent numéro de la revue Blood, montrent que ce marqueur permet de prédire la progression de cette maladie et la résistance à un médicament fréquemment utilisé pour la traiter.

La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est un cancer du sang qui frappe surtout les personnes de 50 ans et plus. Au Canada, on signale environ 2000 nouveaux cas chaque année. Cette maladie est causée par la prolifération d'un type de globules blancs – les lymphocytes – qui envahissent progressivement le sang, la moelle osseuse et les organes lymphoïdes. Elle est incurable. Les traitements existants ne sont administrés que lorsque la maladie commence à évoluer rapidement pour en ralentir la progression.

Une particularité de ce cancer est son évolution extrêmement variable d'un patient à l'autre. «Certaines personnes décèdent moins de 3 ans après le diagnostic alors que d'autres peuvent vivre plus de 20 ans», signale l'une des auteurs de l'étude, Chantal Guillemette, professeure à la Faculté de pharmacie et membre du Centre de recherche du CHUQ.

Même variabilité en ce qui concerne la réponse à la fludarabine, le médicament employé en chimiothérapie pour ralentir la progression de la maladie. «On avait besoin de meilleurs marqueurs pronostiques pour cette leucémie. Ceux dont nous disposions n'étaient pas assez performants», souligne-t-elle.

Les chercheurs ont donc analysé des échantillons de sang provenant de 320 personnes chez qui une LLC a été diagnostiquée entre 1973 et 2011. Ces échantillons, prélevés au moment du diagnostic, montrent une grande variabilité dans l'expression du gène UGT2B17 dans les lymphocytes malades. C'est la première fois que des chercheurs liaient ce gène à la leucémie. Le suivi des patients allait révéler des choses plus intéressantes encore.

Les malades chez qui ce gène est davantage exprimé passent en moyenne 5,2 ans avant que leur état nécessite un premier traitement. Chez les patients qui expriment peu ce gène, cette période atteint 12,8 ans. Même tendance pour la survie: 12,7 ans dans le premier groupe contre 25 ans dans le second. En plus, les patients chez qui le gène est davantage exprimé répondent moins bien au traitement de fludarabine.

«La différence entre la survie sans traitement et la survie globale est du simple au double, résume la professeure Guillemette. Ce marqueur nous permet donc d'avoir une bonne idée, dès le diagnostic, de la façon dont progressera la maladie ainsi que de la réponse aux traitements de chimiothérapie. De plus, comme il s'agit d'un marqueur indépendant de ceux qui existent déjà, il les complémente et vient ajouter de la valeur au pronostic.»

Les chercheurs entendent maintenant répéter l'expérience auprès de cohortes plus larges, incluant différentes populations. Ils espèrent aussi parvenir à cerner le rôle de ce gène dans la progression de la maladie et dans la résistance aux médicaments. «Il y a encore beaucoup de travail à faire, reconnaît Chantal Guillemette. Nous ne sommes encore qu'au début d'une grande aventure.»

L'article paru dans Blood est signé par 14 chercheurs autrichiens et par Judith Bellemare, Éric Lévesque et Chantal Guillemette du Centre de recherche du CHUQ.
Photo
La leucémie lymphoïde chronique se caractérise par la prolifération d'un type de globules blancs, les lymphocytes, en mauve sur la photo.

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