Université Laval
Le fil des événements

Le journal de la communauté universitaire

actualités

Volume 48, numéro 2121 février 2013

Personne n'est contre la verdure

Des étudiants ont accompagné la municipalité de Boischatel dans son processus de transition vers un développement urbain durable
Mardi dernier, 19 février, une animation inhabituelle régnait à l’hôtel de ville de Boischatel, municipalité située à l’est de Québec. Des étudiants inscrits au baccalauréat en environnements naturels et aménagés y présentaient leurs projets de fin d’études. Ces travaux avaient été réalisés l’automne dernier. Ils portaient sur différents enjeux environnementaux de la municipalité.

«Le territoire de la municipalité régionale de comté La Côte-de-Beaupré se caractérise par un environnement naturel et culturel exceptionnel, mais aussi par un lourd passé de développement anarchique, comme l’illustre le corridor du boulevard Sainte-Anne. La MRC travaille depuis près de deux ans afin de se doter d’une planification stratégique de développement durable impliquant les partenaires locaux et la communauté», explique Louis Bélanger. Celui-ci est professeur au Département des sciences du bois et de la forêt et directeur du baccalauréat en environnements naturels et aménagés.

Les étudiants ont réalisé sept projets en gestion écologique du territoire. «Ils ont accompagné la municipalité de Boischatel dans sa transition écologique afin que son développement urbain soit plus durable», souligne le professeur Bélanger. Ce partenariat a notamment permis aux conseillers municipaux de mieux cerner certains des enjeux environnementaux qui se posent.

Gabrielle Cauchon-Déry, Gabrielle Lalande, Simon Lemieux et Guillaume Roy-Boulanger ont axé leurs efforts sur les rives du fleuve. Leur stratégie repose sur la richesse écologique des battures. On trouve en ces lieux des paysages exceptionnels. Il y a notamment un marais à scirpe (type de plantes qui aiment l’eau) où vit une impressionnante biodiversité animale et végétale. Les étudiants proposent de mettre en valeur le milieu humide et de conserver les écosystèmes en déclin.

Un autre objectif est la réappropriation des lieux par les citoyens. «La création d’un sentier d’interprétation le long du fleuve est une idée très intéressante, soutient Louis Bélanger. Toute la rive du Saint-Laurent devient une destination. Un tel sentier permettrait de découvrir une richesse biologique fantastique dont les gens sont faiblement conscients.»

Samuel Dufour, Sophie Houplain, Jessie Parent, David Sicotte et Catherine Simpson ont travaillé sur un outil pratique d’aide à la gestion pour développer les futurs quartiers résidentiels. L’outil comprend une série de critères d’urbanisme durable. Ceux-ci vont de la liaison entre les espaces verts à la qualité du paysage, en passant par l’efficacité énergétique des bâtiments. En 2012, la forêt occupait 56% du territoire de Boischatel contre 22% pour le résidentiel.

«Grâce à cet outil, l’administration municipale a une vision plus complète du développement durable, précise Louis Bélanger. Elle avait tendance à prendre le concept thématique par thématique. Elle a maintenant la vision d’ensemble. Mais le défi devient plus grand.»

Le projet de Yoan Boisselier, Étienne Guillemette et Dominique Saucier-Fillion a porté sur le site autrefois exploité par la compagnie Brique Citadelle Ltée. L’ancienne carrière occupe un emplacement qui surplombe le fleuve. Sur une pente abrupte, le sol dénudé contraste avec les riches forêts avoisinantes.

Les étudiants font trois propositions d’aménagement. L’une d’elles consiste à implanter un couvert forestier sur l’ensemble du site. «Pour ma part, je choisirais le compromis entre un site renaturalisé et un site complètement aménagé, indique toutefois le professeur Bélanger. On ferait de ce milieu difficile et fragile un lieu de passage entre les parties haute et basse de la municipalité.»

Dans leur démarche, les étudiants ont sondé les résidents pour vérifier l’acceptabilité sociale du projet. Les conseillers municipaux auraient apprécié cette approche qui leur a donné des balises pour la suite des choses.

Tous les participants à cet exercice font partie du premier groupe de finissants du programme de baccalauréat en environnements naturels et aménagés. Seize obtiendront leur diplôme au mois d’avril, six autres l’ont eu en décembre dernier. À l’heure actuelle, plus d’une centaine d’étudiants sont inscrits à ce programme multidisciplinaire.

Pour Louis Bélanger, l’Université Laval forme des agents de changement en environnement. «La formation reçue, affirme-t-il, permet à ces professionnels de comprendre les enjeux propres à la mise en valeur d’un territoire et de trouver des solutions gagnant-gagnant.» Les projets réalisés en quatre mois à Boischatel démontrent que les finissants sont en mesure de trouver des solutions aux problèmes complexes de l’environnement. «Cela n’a pas toujours été facile, poursuit-il. Mais nos diplômés sont capables de penser à des solutions plutôt que se limiter à décrire un problème.»
Photo
Vue sur le fleuve Saint-Laurent depuis la partie supérieure nord-est de la carrière de l’ancienne Briqueterie Citadelle.
Photo: Yoan Boisselier

commentez

partagez

 
haut
Le fil des événements

Le journal de la communauté universitaire
Direction des communications

Questions et commentaires?
Le-Fil@dc.ulaval.ca

© 2012 Université Laval, tous droits réservés
Visitez ulaval.ca