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Volume 48, numéro 1617 janvier 2013

Un poids léger comme une plume

Les harfangs des neiges ne seraient pas affectés par les émetteurs satellites qui servent au suivi de leurs déplacements
Les émetteurs satellites affectent-ils le comportement et la survie des oiseaux qui les portent? Pas ceux du harfang des neiges, répondent des chercheurs du Centre d'études nordiques dans un récent numéro du Journal of Wildlife Management.

C’est sur l’île Bylot, au Nunavut, que Jean-François Therrien et Gilles Gauthier, du Département de biologie, et Joël Bêty, de l'UQAR, ont mené leur étude sur le harfang. Lors de l’été 2007, pendant la période d’éclosion des œufs, ils ont déniché 12 femelles de cette espèce qu’ils ont attrapées grâce à des pièges à filet. «Les nids sont relativement faciles à repérer. Les harfangs sont de gros oiseaux blancs qui crient et défendent leur territoire dans la toundra», précise Jean-François Therrien, premier auteur de l’étude. Chacune des femelles a été munie d’un émetteur attaché à un harnais porté comme un sac à dos. «Elles sont retournées rapidement à leur nid, signe qu’elles ont bien toléré ce dérangement», rassure le chercheur.

Le suivi à long terme s’est étendu sur trois ans. Au cours de cette période, 4 des 12 oiseaux se sont immobilisés. De ce nombre, deux ont été trouvés morts. Les décès ne semblaient toutefois pas dus au dispositif, étant donné l’absence de blessure sur les cadavres. Les deux autres n’ont pas été retrouvés, parce que leur signal provenait de lieux inaccessibles. Le taux de survie annuelle s'établit donc à 88%, ce qui est comparable à celui observé chez d'autres oiseaux de proie, ont constaté les chercheurs.

Les huit autres femelles harfangs portant des émetteurs étaient au rendez-vous sur l’île Bylot chaque année suivant leur marquage. Chacune d’elle couvait un nid, accompagnée d’un mâle. Aucune différence significative n’a été trouvée entre la date de ponte et la taille des couvées avant et après la pose des émetteurs. «Cet équipement ne représente que 1,8% de la masse de l'oiseau, ce qui est très faible. Cela expliquerait pourquoi leur effet a été très mineur, voire nul», explique Jean-François Therrien.

Les émetteurs fournissent des données sur les mouvements, l’habitat, la reproduction et la survie qu’il serait impossible d’obtenir autrement. Cette étude montre que leur utilisation livre des informations précieuses et fiables sur le prédateur élusif qu’est le harfang des neiges.
Photo
Le biologiste Jean-François Therrien vérifie l’émetteur fixé par un harnais invisible au dos de cette femelle harfang des neiges.
Photo: Hilde Johansen

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