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Volume 48, numéro 1221 juin 2012

Du poisson au menu?

Solution de choix pour nourrir la planète, l’aquaculture fait face à de nombreux défis
Quelque 70% des stocks de poissons croulent sous la pression de la pêche commerciale et sportive. Ils ne suffisent plus aux besoins grandissants de la population mondiale. La solution? Élever des poissons comme on élève des poules! Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), un poisson sur deux consommé dans le monde a été élevé en bassin. Mais l’aquaculture n’est pas sans défis.

C’est ce que Grant Vandenberg, professeur au Département des sciences animales, a exposé au public lors de la toute première Journée de la recherche de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation, tenue le 28 novembre au pavillon Maurice-Pollack. Depuis plus de 10 ans, il s’intéresse aux poissons d’élevage.

L’un des défis de l’aquaculture: diminuer les rejets de phosphore excrétés par les milliers de poissons qui grandissent en captivité et sont rejetés dans les plans d’eau entourant le bassin d’élevage. Ce minéral contribue à la croissance excessive d’algues qui nuisent à la survie des espèces aquatiques et des plans d’eau. Grant Vandenberg se préoccupe du phosphore d’origine alimentaire. «Je tente de trouver des moyens pour changer la teneur en phosphore de la diète de la truite arc-en-ciel et de la truite mouchetée», explique-t-il. Avec ses collègues, il étudie notamment l’hypothèse de remplacer, dans la moulée des poissons, les protéines animales, riches en phosphore, par des protéines végétales qui en contiennent peu.

L’expert en aquaculture analyse également la possibilité d’élever les poissons d’eau douce en milieu fermé. «Au Québec, la pisciculture se fait surtout en milieu ouvert, dans des bassins en bordure de rivières, note-t-il. Dans ces milieux, l’eau pompée dans les rivières entre dans le bassin et ressort dans les cours d’eau. La circulation d’eau est énorme et il est très difficile de capter les polluants.» En développant un bon système aquicole en milieu fermé, les pisciculteurs pourraient diminuer leur consommation d’eau et mieux intercepter les effluents alors plus concentrés. «On peut traiter pratiquement 100% de l’eau avec un système de recirculation et de filtration mécanique ou biologique». Encore faut-il en développer un qui soit économique, ce à quoi s’affaire le chercheur.

Assurer la santé des poissons intéresse aussi les chercheurs. En captivité, les animaux sont souvent plus stressés, ce qui les rend plus sensibles aux infections. Le professeur Vandenberg et ses collaborateurs s’intéressent notamment au champignon Saprolegnia parasitica, l’un des agents pathogènes les plus destructeurs chez la plupart des espèces de poissons d'eau douce. L’infection peut entraîner jusqu'à 50% de mortalité si elle n'est pas traitée. «Nous considérons des cultures microbiennes bénéfiques ou des extraits phytochimiques provenant de la forêt boréale pour traiter ou prévenir les infections fongiques. Nous regardons aussi du côté de l’approche médicamenteuse autochtone», révèle le chercheur. Ces stratégies permettront éventuellement à l'industrie piscicole de prévenir ou contrôler de manière écologique les agents pathogènes et de fournir des produits sains aux consommateurs canadiens.

Dans cette même optique, Grant Vandenberg cherche à optimiser la teneur en acides gras oméga-3 et la capacité antioxydante de la chair des poissons d’élevage. Pour ce faire, il sélectionne des lignées qui contiennent des quantités élevées en antioxydants endogènes et leur fournit des suppléments alimentaires. «Le poisson est reconnu pour son apport en gras oméga-3, un des nutriments qui manquent le plus à notre alimentation occidentale, précise-t-il. On associe les oméga-3 à la prévention de nombreuses maladies comme l’alzheimer, le parkinson ou la dépression. Il est donc à notre avantage de produire des souches de poissons, comme l’omble de fontaine et l’omble chevalier, ayant une bonne capacité de produire ces acides gras.»
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