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Volume 48, numéro 1831 janvier 2013

De Port-au-Prince à Québec

Depuis le séisme de 2010, une trentaine d’étudiants haïtiens ont poursuivi des études de maîtrise à l’Université Laval
« À l’Université Laval, j’apprécie énormément l’organisation de l’enseignement, la dimension recherche-action, la Bibliothèque, les laboratoires de recherche, la vie étudiante, ainsi que l’ambiance d’interculturalité. »

De toute évidence, l’étudiant haïtien Jean Sergo Louis ne regrette aucunement sa décision d’être venu terminer son mémoire de maîtrise en histoire, mémoire et patrimoine à l’Université Laval. Arrivé cet automne, il vient d’entreprendre sa deuxième et dernière session sous la supervision du professeur d’histoire Laurier Turgeon. Son sujet de recherche? La mémoire plurielle des objets recyclés à Port-au-Prince: entre marginalité et construction identitaire.

Jean Sergo Louis détient un diplôme de premier cycle en anthropologie et sociologie de l’Université d’État d’Haïti. S’il n’a pu terminer ses études de maîtrise chez lui, c’est à cause du terrible séisme du 12 janvier 2010 qui a fait plus de 300 000 morts. De très nombreux bâtiments ont été détruits, dont 10 des 13 bâtiments de l’université située à Port-au-Prince. « Trois obstacles m’ont obligé à poursuivre mes études à l’étranger, explique-t-il. Ce sont le manque de bibliothèques, l’absence de laboratoires et le manque de professeurs spécialistes dans mon domaine d’études. »

Selon lui, l’Université Laval était un choix logique. « C’est le meilleur endroit pour développer ses compétences dans les études du patrimoine et de la mémoire, compte tenu de ses laboratoires, de ses projets de recherche et du cumul de ses spécialistes. »

Le jeune homme entend poursuivre ses études au doctorat, et même jusqu’au postdoctorat. Faire carrière comme professeur-chercheur universitaire est son objectif. « Je voudrais également fonder avec d’autres collègues une société haïtienne des sciences sociales et humaines. »

Jean Sergo Louis fait partie de la cohorte 2012-2013 des étudiants venus de la Perle des Antilles terminer leurs études de maîtrise dans de bonnes conditions à l’Université Laval. Il s’agit du troisième groupe depuis 2010-2011. L’Université a accueilli à ce jour une trentaine de ces ressortissants, habituellement pour six mois. Ils sont tous encadrés par des professeurs qui dirigent leurs travaux.

Les 15 étudiants qui composent la cohorte 2012-2013 ont tous obtenu des bourses d’études, notamment du Bureau canadien d’éducation internationale. Les deux tiers sont inscrits en patrimoine et tourisme culturel, ou en éducation. Cinq ont reçu une bourse de leadership et développement durable de l’Université Laval. Ces derniers étudient en droit, en administration des affaires, en biogéosciences de l’environnement et en communication publique.

« Les étudiants qui sont inscrits à la maîtrise en patrimoine à l’Université d’État d’Haïti à Port-au-Prince ont du mal à terminer leur programme car il leur est difficile d’avoir accès à un encadrement scientifique, explique Laurier Turgeon, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique. Les professeurs haïtiens sont peu nombreux, et donc surchargés de travail. De plus, les livres, articles de revue, sites Web et autres ressources en ligne sont souvent payants. »

Par ailleurs, cinq professeurs de l’Université Laval vont faire de l’enseignement à Haïti chaque année dans des matières comme l’archéologie, la muséologie et le patrimoine immatériel. Ils donnent 20 heures de cours réparties sur une semaine entre les mois de février et juin. Ces voyages sont défrayés par l’Agence universitaire de la Francophonie. « Nous pouvons assurer une continuité entre Port-au-Prince et l’Université Laval, soutient Laurier Turgeon. Les étudiants haïtiens que nous accueillons ici connaissent déjà nos professeurs. Souvent des complicités intellectuelles se sont développées. L’encadrement offert ici, par la suite, s’en trouve facilité. »

Selon lui, plusieurs diplômés, de retour chez eux, ont trouvé des postes d’enseignants à l’Université d’État ou comme fonctionnaires au ministère de la Culture, dans les musées ou les parcs nationaux. « Mais certains sont revenus ici faire leur thèse de doctorat ! »
Photo
Tam tiddi tam: la vice-rectrice adjointe aux études et aux activités internationales Nicole Lacasse s'initie au djembé sous le regard amusé des étudiants haïtiens inscrits à l'Université cette session. À sa gauche se tient Laurier Turgeon, professeur spécialiste du patrimoine. La soirée d'accueil des nouveaux étudiants haïtiens a eu lieu le 24 janvier dans l'atrium du pavillon Alphonse-Desjardins.
Photo: Marc Robitaille

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