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Volume 48, numéro 136 décembre 2012

Pour le futur des universités

La rencontre thématique qui s’est tenue sur le campus fin novembre laisse présager un grand intérêt pour le prochain Sommet sur l’enseignement supérieur
Les 29 et 30 novembre derniers avait lieu à l’Université Laval la première rencontre thématique en vue du Sommet sur l’enseignement supérieur, prévu pour février 2013. Cette démarche, instaurée par le gouvernement Marois, est axée sur la participation du milieu universitaire – associations étudiantes, enseignants, recteurs, syndicats, députés. Elle se voulait donc rassembleuse.

«La place n’était pas aux débats, mais plutôt à des séances très ouvertes, cordiales et sereines. Chacun a exprimé ses points de vue sur la thématique générale, qui était la qualité de l’enseignement supérieur», a déclaré le recteur, Denis Brière, visiblement satisfait du ton de cette première rencontre pré-Sommet.

L’événement a suscité un grand intérêt. En effet, pas moins de 16 500 personnes l’ont suivi au moyen de la webdiffusion.

La qualité de l’enseignement supérieur est une valeur pour les acteurs du milieu universitaire. Bien que l’ensemble des établissements ait implanté des mécanismes d’évaluation de la qualité de l’enseignement, tous voient la nécessité de créer un organisme indépendant qui veillerait à maintenir cette qualité. Toutefois, des questions se posent : quel serait le mandat de cette entité? Quelle serait sa composition? S’agirait-il d’un organisme consultatif ou interventionniste qui irait jusqu’à s’engager dans la gestion des universités?

À la fin de novembre, toutefois, l’heure n’était pas à prendre des décisions. Le gouvernement n’avait pas encore à trancher. Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, a noté un climat de  «rapprochement» entre les divers participants.

«La qualité de l’enseignement, ce n’est pas qu’une série de règles à respecter, a précisé le recteur. En fait, elle dépend des ressources disponibles. Par exemple, depuis une dizaine d’années, l’Université Laval a un manque criant de professeurs.» Pour pallier ce problème, l’établissement a innové en lançant il y a deux ans les Chaires de leadership en enseignement. Ce principe permet à des entreprises, communautés religieuses, fondations ou même à des gouvernements de financer la moitié du salaire d’un professeur. «Au lieu de créer un poste, on peut en créer deux. Depuis 2010, pas moins de 10 CLE ont été lancées. Des universités canadiennes semblent d’ailleurs tentées de reprendre notre modèle.»

Dans ce contexte, on comprend que la question du soutien accordé aux établissements d’enseignement supérieur préoccupe bien des administrations. Le vice-recteur exécutif et au développement de l’Université, Éric Bauce, a d’ailleurs rédigé fin novembre une lettre aux médias sur les conséquences du «dé-financement». «Le gouvernement du Québec indexe les universités à un niveau inférieur à celui de l’augmentation des coûts nécessaires au maintien des activités de formation. En 2012, cette indexation, qui intègre étonnamment une réduction attribuable au rajeunissement du corps professoral, correspondait à 0,71% de la subvention gouvernementale. Il en résulte que, dans le cas de l’Université Laval, l’année financière débute avec un déficit à combler de l’ordre de 8,6 M$», expliquait-il récemment sur les ondes d’une station de radio de la région de Québec.

L’Université a cependant réussi, au cours des cinq dernières années, à maintenir un équilibre budgétaire. Comment? «En accueillant de plus en plus d’étudiants, en réalisant des partenariats avec divers partenaires, mais aussi en effectuant quelques compressions», précise Éric Bauce. Accueillir un nombre accru d’étudiants n’est pas une mauvaise nouvelle, puisque cela contribue à hausser le taux de scolarisation de la société québécoise. Toutefois, cela implique d’embaucher les professeurs et les employés nécessaires pour les épauler. «Résultat: il y a de plus en plus d’étudiants pour un professeur. Cette inédaquation devient difficile à gérer», conclut le vice-recteur exécutif.

Trois autres rencontres préparatoires sont prévues avant le Sommet sur l’enseignement supérieur. Elles porteront sur l’accessibilité et la participation aux études supérieures (13 et 14 décembre, Trois-Rivières); la gouvernance et le financement des universités (17 et 18 janvier, Sherbrooke); la contribution des établissements et de la recherche au développement de l’ensemble du Québec (31 janvier et 1er février, Rimouski).
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Le recteur Denis Brière, le ministre Pierre Duchesne et le député Léo Bureau-Blouin lors de la récente rencontre sur la qualité de l'enseignement supérieur.
Photo: Guillaume D. Cyr

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