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Volume 48, numéro 98 novembre 2012

Quatre vies accordées à la musique

L’ensemble en résidence à la Faculté de musique, le Quatuor Arthur-LeBlanc, se raconte à la veille d’un important concert sur le campus
Il y a des trésors bien cachés sur le campus. Le Quatuor Arthur-LeBlanc en est un, pour qui ne fréquente pas la Faculté de musique, bien entendu. Samedi qui vient, un concert consacré à Beethoven permettra à la communauté de découvrir ou de redécouvrir ces musiciens, qui ont la réputation de former un des meilleurs quatuors au Canada.

Créé en 1989 à l’Université de Moncton, en hommage à un virtuose acadien du violon, ce quatuor est l’ensemble en résidence à l’Université Laval depuis 2005. La violoniste d’origine japonaise Hibiki Kobayashi et son mari, l’altiste Jean-Luc Plourde, font partie des membres fondateurs. Quant au violoniste Brett Molzan et à son frère Ryan, violoncelliste, tous deux natifs d’Edmonton, en Alberta, ils se sont joints au couple en 2001 après une rencontre à Banff lors d’une session de musique de chambre.

En ce lundi après-midi, les membres du quatuor se prêtent à une séance photo. Dans leurs habits de concert, ils tentent de jouer en décollant le regard de leur partition pour donner à voir leur visage. Ils semblent pétris de musique, totalement dévoués envers leur muse. Et ce dans une université et une ville qu’ils ont choisies de plein gré, confie Brett Molzan, porte-parole du quatuor pour l’occasion. «Nous trouvons qu’il y a beaucoup de choses qui se passent à Québec», dit-il avec un léger accent anglais.

Comme l’a fait le violoniste Arthur LeBlanc avant eux, tous les quatre enseignent à titre de professeurs invités à la Faculté de musique, où ils sont responsables des cordes. «Après plusieurs années de carrière, nous étions contents de venir à l’Université, affirme Brett Molzan. Nous avons l’impression de bâtir quelque chose. L’enseignement nous inspire d’une autre façon et nourrit notre jeu.»

Si à leur arrivée, les étudiants se faisaient trop rares, il en est autrement aujourd’hui, alors qu’ils en guident de 40 à 50. «Nous avons relevé le niveau en développant des programmes, par exemple une maîtrise pour les étudiants intéressés par la musique de chambre, précise-t-il. Nous avons aussi mis en place des ateliers spécifiques à ce répertoire. Nous présenterons le travail de ces ensembles étudiants [duos, trios, quatuors et quintettes] lors d’une série de concerts en janvier prochain.»

Les membres du quatuor se renouvellent sans cesse, que ce soit en touchant à toutes les époques ou encore en jouant avec différents archets pour interpréter le répertoire baroque et classique. Ils interchangent également leurs rôles. «Hibiki est parfois premier violon, et moi deuxième, ou l’inverse. C’est un défi pour Ryan et Jean-Luc, qui doivent complètement modifier leur façon de jouer.»

Tant d’années de répétition et de concerts ont-elles transformé leur travail de musicien? «Avec l’expérience, nous avons appris à laisser le compositeur s’exprimer. Notre ego était plus présent au début. Maintenant, nous laissons parler l’âme de la musique. Nous sommes davantage tournés vers l’unité du groupe; nous nous écoutons davantage.»

En ce moment, le quatuor termine l’enregistrement de l’intégrale des quatuors à corde de Chostakovitch sous étiquette XXI-21. Un travail de longue haleine qui les a épuisés. «Explorer Chostakovitch nous a fait évoluer. Notre jeu a pris de la force et nous sommes allés au fond de la violence qui caractérise cette musique.»

Mais c’est à Beethoven que l’ensemble consacrera son concert de samedi. Il interprétera le Quatuor à cordes op. 18, no 6 en si bémol majeur et le Quatuor à cordes op. 59, no 1 en fa majeur. «L’un marque la fin de la première période du compositeur, l’autre, le début de la deuxième, explique le violoniste. Dans la première, Beethoven devait prouver qu’il était l’égal de Haydn et de Mozart, mais dans la seconde, il s’éclate. Le Quatuor op. 59 est une composition révolutionnaire, à l’instar de la Symphonie n° 3, dite  “Héroïque”.  C’est tellement riche! Comme un voyage.»

Pour donner encore davantage le goût d’aller les entendre, Brett Molzan louange l’acoustique de la salle Henri-Gagnon. Pour la musique de chambre, même le Palais-Montcalm ne fait pas mieux. Et, si l’on est un tant soit peu attentif, promet le violoniste, nous devrions pouvoir entendre chacun des instruments, comme s’il jouait seul.
Photo
Comme l'a fait le violoniste Arthur LeBlanc avant eux, tous les membres du quatuor enseignent à titre de professeurs invités à la Faculté de musique, où ils sont responsables des cordes
Photo: Marc Robitaille

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