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Volume 48, numéro 1617 janvier 2013

Un riche filon de notre histoire

Un ouvrage passionnant relate quatre siècles d’exploitation des ressources minérales au Québec
Des mines et des hommes vient de paraître sous la signature de Marc Vallières, professeur au Département d’histoire. Ce grand livre abondamment illustré, rédigé dans une langue claire et fluide, est publié par le ministère des Ressources naturelles du Québec. Au fil des quelque 300 pages, il convie le lecteur à un passionnant voyage dans le temps, depuis la Nouvelle-France jusqu’à nos jours. Le regard rétrospectif qu’il propose survient au moment où l’Assemblée nationale du Québec cherche à redéfinir les conditions d’accès au territoire et les redevances de cette industrie.

Sous-titré Histoire de l’industrie minérale québécoise des origines à aujourd’hui, Des mines et des hommes est la version enrichie et mise à jour d’un livre publié dans les années 1980. «J’en ai amélioré le contenu à partir de travaux de recherche sur les périodes antérieures et sur les 30 dernières années», explique Marc Vallières. Le premier livre fait encore autorité. «Dans le milieu, il demeure un ouvrage de base.»

Ce vaste panorama historique couvre quatre grandes périodes. Chacune traite de la recherche des mines exploitables, de l’exploitation des gisements découverts et des retombées sociales des activités minières. Jusqu’en 1840, ces activités se concentrent dans les carrières de pierre et dans la production de fonte aux Forges du Saint-Maurice. De 1850 à 1920, l’industrie minérale, tout en poursuivant la production de fonte, s’ouvre à l’or, l’amiante et le cuivre dans le sud du Québec. Au cours de la période 1920 à 1960, l’industrie commence à se déplacer vers le nord. Le cuivre, le zinc, l’or et le minerai de fer, entre autres, sont dans la mire des industriels. Enfin, depuis 1960, l’industrie minière connaît une expansion remarquable dans tous les territoires nordiques du Québec. Depuis 2000, en plus des substances minérales traditionnelles, elle se diversifie du côté de substances plus «exotiques» telles que les terres rares.

Le livre relate aussi l’histoire de différentes catégories de personnes ayant participé à la grande aventure minière du Québec. Il s’agit notamment des prospecteurs, des mineurs, des entrepreneurs et des géologues. Une aventure industrielle et humaine certes, mais aussi une histoire encadrée par l’État. Cela se produit à compter des années 1960, ce qui pave la voie à un partenariat entre le secteur privé, le gouvernement et les communautés locales.

Le secteur minier québécois, aujourd’hui, représente 34 000 emplois, des investissements de 2,5 G$ et des expéditions annuelles dont la valeur atteint 7 G$. Dans son livre, Marc Vallières rappelle que ce secteur a traversé une longue crise, de la fin des années 1980 jusqu’au début des années 2000. Depuis ce temps, l’industrie revit grâce à des prix en forte croissance et une demande internationale soutenue.

«L’histoire minière québécoise s’appuie sur des lignes de force, souligne-t-il. Des substances minérales clés ont joué un rôle déterminant. Sous le Régime français, c’était le fer. Vers la fin du 19e siècle commence l’exploitation de substances nouvelles peu disponibles à l’international comme l’amiante. Cette substance restera longtemps une spécialité du Québec. Au 20e siècle, l’ouverture de l’Abitibi-Témiscamingue à la colonisation a permis un véritable démarrage de l’industrie minière.»

Cette activité économique a supporté des contraintes structurelles tout au long de son histoire. L’une d’elles est la faiblesse du marché local. Cette situation rend l’industrie dépendante des marchés étrangers pour écouler sa production.

L’auteur consacre tout un chapitre, durant la période 1960-2012, à des aspects tels que les villes minières modernes, le syndicalisme et les conflits ouvriers, la santé et la sécurité au travail, ainsi que les questions environnementales.

Selon Marc Vallières, les dimensions sociale et environnementale sont aujourd’hui bien présentes dans les stratégies des industriels miniers. «Dans le passé, dit-il, on trouvait une mine et on l’exploitait. Il n’y avait pas d’évaluation environnementale ni de considération pour les populations avoisinantes. Aujourd’hui, entre autres choses, l’industriel doit prévoir restaurer, dans son état originel, un site qui n’est plus exploité.»

Au tournant des années 2000, un nouveau concept s’est imposé dans le secteur minier: l’acceptabilité sociale. Il consiste, pour un industriel, à obtenir l’accord des communautés et des institutions locales avant de forer. «On l’a vu notamment dans la région de Sept-Îles, où le projet d’exploiter l’uranium a soulevé des débats publics, rappelle le professeur. Les communautés vont avoir à se prononcer. Cette idée tombe sous le sens. Auparavant, le permis d’exploration donnait pratiquement le droit d’exploiter. C’est pourquoi la Loi sur les mines nécessite une mise à jour complète.»

Des mines et des hommes est en vente à l’adresse http://www.mrn.gouv.qc.ca/mines/desminesetdeshommes/index.jsp
Photo
Groupe d'ouvriers au travail dans la mine Arntfield, au Québec, vers 1930-1940.
Photo: Bibliothèque et Archives Canada

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