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Volume 48, numéro 2314 mars 2013

Au service des réfugiés de Québec

Une étudiante en médecine a aidé des immigrants fragilisés à s’intégrer à leur nouveau milieu de vie
En décembre 2012, la ville de Québec a accueilli 71 réfugiés en provenance du Bhoutan. D’origine népalaise, ces personnes vivaient depuis des années dans un camp humanitaire. Elles ont été sélectionnées par le gouvernement du Canada. Une fois dans la capitale, elles ont aussitôt été prises en charge par les intervenants du Centre multiethnique de Québec. Parmi ces intervenants, une étudiante au doctorat en médecine, Iskra Pirija.

«Un des défis a consisté à leur trouver des logements, explique-t-elle. Certaines familles comptaient cinq ou six enfants.»

Le 6 mars au pavillon Ferdinand-Vandry, Iskra Pirija a participé à la Journée en santé mondiale du programme de médecine. Dans son exposé, elle a présenté les faits saillants du stage de deux mois qu’elle a réalisé, l’automne dernier, au Centre multiethnique de Québec ainsi qu’au CLSC de Sainte-Foy-Sillery. Entre la fin octobre et la fin décembre, l’étudiante a fait la navette entre les deux endroits. Au centre, elle était intégrée à l’équipe d’intervenants sociaux. Au CLSC, on l’a jumelée à un médecin de la clinique de santé pour les réfugiés.

«J’ai suivi quatre ou cinq familles en tout, dit-elle. Ces réfugiés étaient Népalais ou Africains. Plusieurs arrivaient du Niger, du Togo ou du Rwanda, mais étaient originaires de la République démocratique du Congo. Ils avaient quitté leur pays depuis longtemps.»

La prise en charge de réfugiés prend des formes diverses. Les intervenants leur expliquent les grandes lignes du fonctionnement de leur société d’accueil, notamment celui du gouvernement. On leur montre comment ouvrir un compte bancaire et comment trouver un appartement. «Dans mon travail de terrain, je faisais de tout, raconte Iskra Pirija. J’accompagnais les réfugiés, je leur montrais comment s’installer, comment faire leur épicerie. Les Népalais, qui avaient pour la majorité toujours vécu dans un camp humanitaire, ont démontré un grand sens de l’adaptation. C’est une communauté débrouillarde et optimiste.»

Au CLSC, les réfugiés voient des médecins généralistes. Au besoin, ceux-ci dirigent les patients vers des spécialistes. Dans ce volet de son stage, Iskra Pirija a fait des examens physiques de base. Elle a surtout fait de l’observation. Un interprète était présent au besoin. «Les problèmes de santé des réfugiés, comme les parasitoses et les infections, sont souvent dus à des conditions sociosanitaires insuffisantes, dit-elle. On a noté des cas d’hypertension et de maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires. On a aussi vérifié la présence ou l’historique d’activité de la tuberculose.»

L’été dernier, l’étudiante a réalisé un stage international au Bénin. «Les deux stages ont été formateurs sur le plan humain, souligne-t-elle. Ce sont de belles expériences pour qui veut travailler en médecine.»

À Québec, elle a voulu s’immerger dans un milieu avec lequel elle avait peu de contacts afin de comprendre les difficultés que traversaient ces gens. Elle estime important de réaliser qu’il y a des inégalités sociales en santé dans notre communauté. Iskra Pirija sait de quoi elle parle. À sept ans, elle est arrivée à Québec en fuyant la guerre de Bosnie-Herzégovine. «Je peux comprendre ce que ressentent les réfugiés, dit-elle. On vit tous les mêmes inquiétudes et les mêmes peurs, mais à des degrés divers.»
Photo
En 2012, le Centre multiethnique de Québec a accueilli 342 nouveaux arrivants en provenance de 7 pays.
Photo: Centre multiethnique de Québec

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