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Volume 48, numéro 1831 janvier 2013

Soupe à la bactérie

Le quart des spas publics abriterait une inquiétante faune bactérienne
En 2008, 26% des spas publics abritaient des concentrations préoccupantes de bactéries pouvant être nocives pour la santé. C’est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de la Faculté de médecine et de l'Institut national de santé publique. Les données publiées dans le numéro de janvier de l'International Journal of Environmental Health Research montrent également que des bactéries du légionnaire ont été détectées dans 23% des spas examinés.

Les chercheurs ont analysé l'eau de 95 spas situés dans 75 hôtels, auberges, gîtes touristiques, campings et centres de relaxation et de mieux-être des régions de Québec, de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches. L'étude s'est limitée à trois groupes problématiques de bactéries: les espèces appartenant au genre Legionella, responsables de la maladie du légionnaire et de la fièvre de Pontiac, Pseudomonas aeruginosa, qui peut engendrer des infections cutanées, et E. coli, un indicateur de contamination fécale. Les tests ont révélé la présence de Legionella, de P. aeruginosa et d’E. coli dans respectivement 23%, 41% et 2% des spas.

Selon les données recueillies par les chercheurs, à peine 32% des exploitants de spas effectuaient la vidange du bassin et le nettoyage de ses parois au moins une fois par mois. Au moment de l'étude, deux répondants sur trois ignoraient les règlements touchant l'entretien de cet équipement au Québec et à peine 5% avaient suivi une formation à ce sujet.

L'entretien des spas est un exercice délicat qui oppose le risque bactériologique et le risque chimique causé par les produits de désinfection. «Il est irréaliste de viser l'absence complète de bactéries dans un spa, commente Nicholas Brousseau, premier auteur de l'étude. L'eau y est maintenue à plus de 32 degrés Celsius, ce qui en fait un écosystème accueillant plusieurs espèces. De plus, la densité de baigneurs par volume d'eau y est beaucoup plus élevée que dans une piscine. Notre étude a tout de même mis en lumière la nécessité de mieux former les personnes chargées de leur entretien.»

Maintenant à l'emploi de la Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Nicholas Brousseau souligne que les concentrations de bactéries observées lors de l'étude pourraient causer des problèmes de santé aux personnes dont le système immunitaire est très affaibli. «Les personnes traitées en chimiothérapie et celles qui prennent des médicaments immunosuppresseurs devraient éviter de fréquenter régulièrement les spas.»

À la lumière de cette étude, le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs a entrepris une campagne d'information destinée aux propriétaires de spas publics afin de mieux faire connaître les bonnes pratiques d'exploitation. Le même ministère, de concert avec Santé et Services sociaux du Québec, travaille présentement à la révision du Règlement sur la qualité de l'eau des piscines et autres bassins artificiels afin de mieux encadrer l'entretien des spas.

L'article publié dans l'International Journal of Environmental Health Research est signé par Nicholas Brousseau, Benoît Lévesque, Thibault Guillemet, Denis Gauvin, Jean-Philippe Giroux, Suzanne Gingras, Pierre-André Côté, Éric Dewailly, Philippe Cantin (Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec) et François Proulx (Service de l'environnement de la Ville de Québec).
Photo
Cette jeune dame en quête de bien-être risque de partager son bain avec des invités non désirés : les bactéries du genre Legionella, responsables de la maladie du légionnaire et de la fièvre de Pontiac, Pseudomonas aeruginosa, qui peut engendrer des infections cutanées, et E. coli, un indicateur de contamination fécale.

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