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Volume 48, numéro 2314 mars 2013

Un sport en émergence

Le Rouge et Or travaille fort pour développer le rugby à sept, une nouvelle discipline olympique
Le rugby universitaire, déjà bien implanté au Québec et dans le reste du Canada, pourrait bientôt devenir une discipline pratiquée à l’année. Du moins, c’est le souhait exprimé par plusieurs universités québécoises.

En mai 2012, le comité technique universitaire du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), formé par les directeurs des programmes sportifs de la Belle Province, approuvait une proposition visant à mousser le rugby à sept durant la saison morte. Le comité désirait organiser dès cet hiver, à titre de projet pilote, trois tournois hors concours de rugby féminin à sept contre sept.

Un important mouvement en ce sens est en train de prendre forme au pays, mais également à l’étranger. En effet, le rugby à sept sera intégré aux prochains Jeux olympiques à Rio en 2016.

Disparu du programme olympique en 1924 à la suite de violences lors d’une partie entre la France et les États-Unis, le rugby a été réintégré par le Comité international olympique en 2009, mais sous sa forme contemporaine pratiquée à sept joueurs sur le terrain. Cette version de la discipline est aussi celle pratiquée lors des Universiades, dont la prochaine édition aura lieu l’été prochain à Kazan, en Russie.

Parce qu’il existe une marge entre projet et réalité, la tenue des deux premiers tournois féminins au Québec, dont l’un devait avoir lieu ce samedi au stade TELUS-Université Laval, a dû être annulée. Il n’a pas été possible de réunir un nombre suffisant d’équipes. Une troisième rencontre est toujours au programme au mois d’avril à l’Université Bishop’s, sans toutefois être confirmée.

«Le premier tournoi a été annulé puisque l’Université Concordia n’avait qu’un vendredi de disponible, ce qui n’était pas l’idéal pour rassembler les équipes. Dans le cas du tournoi qui devait se tenir ici, c’est plutôt une question de budget de transport», explique le directeur du programme Rouge et Or, Gilles Lépine.

«Toutes les prévisions budgétaires ont été faites en fonction de la saison d’automne. De plus, le plan annuel d’entraînement des athlètes est basé sur la campagne extérieure, disputée entre septembre et novembre. Ça devient difficile d’avoir des athlètes prêtes pour quelques tournois hivernaux», reprend-il.

Selon Bill McNeil, entraîneur-chef du Rouge et Or, même si les résultats se font toujours attendre, il faut continuer de faire les efforts nécessaires pour mettre en place une telle ligue. «Ça va devenir inévitable, estime-t-il. Évidemment, c’est relié au fait que le rugby effectuera un retour aux Jeux olympiques dans trois ans. Le programme canadien senior est assez fort et il est financé par À nous le podium [réseau national de soutien au sport de haut niveau]. Ça crée un intérêt.»

Depuis trois ans, il existe également un championnat national universitaire organisé annuellement à Victoria, en Colombie-Britannique. Toutefois, peu d’équipes québécoises peuvent se permettre d’y participer en raison des coûts. Aucune qualification n’est requise pour prendre part à cette compétition. Cette année, l’Université de Guelph a remporté les grands honneurs au niveau canadien.

Le rugby à sept est considéré par plusieurs comme un sport plus rapide que celui joué plus traditionnellement à 15 joueurs. Si le nombre d’athlètes sur le terrain est réduit de moitié, la surface de jeu reste la même, laissant ainsi beaucoup d’espace pour manœuvrer. Le temps de jeu est également diminué à deux périodes de sept minutes. Une formule privilégiant l’intensité et la vitesse, certes, mais qui ne délaisse pas complètement les habiletés physiques du rugby à 15, au dire de Bill McNeil.

«Le jeu change souvent de vitesse, explique-t-il. Ça peut être très lent et stratégique, comme ça peut être très rapide. Il existe beaucoup de styles de jeu, et ceux-ci sont choisis en fonction des athlètes qui sont sur le terrain. On doit avoir de bonnes habiletés de passe et de réception. La réception des coups de pied est importante aussi.»

Plusieurs joueuses du Rouge et Or ont déjà expérimenté la formule au Club de rugby de Québec, l’équipe à laquelle se joignent de nombreuses athlètes du Rouge et Or pendant l’été. Certaines ont également joué au rugby à sept au collégial. «Il y en a plusieurs qui ont déjà participé au tournoi annuel disputé à New York et qui regroupe plus de 130 équipes», renchérit McNeil.

Preuve que le Rouge et Or peut produire des athlètes de haut niveau, Karen Paquin, une ancienne de l’Université, a été sélectionnée dans l’équipe nationale à sept l’automne dernier pour une compétition à Dubaï. Geneviève Thibault, qui vient de terminer son stage universitaire, a également été choisie sur la formation canadienne B.

Kathleen Keller, du Rouge et Or, pourrait bien se retrouver avec un maillot canadien, elle qui a soumis sa candidature pour les prochaines Universiades. Un camp de sélection aura lieu au printemps afin de compléter la formation qui s’envolera pour la Russie cet été.

Notons que le Rouge et Or recevra l’automne prochain le Championnat de rugby féminin de Sport interuniversitaire canadien. Du 31 octobre au 3 novembre, les six meilleures équipes universitaires au pays se battront – à 15 sur le terrain! – pour l’obtention du trophée Monilex.
Photo
La joueuse de rugby Kathleen Keller a soumis sa candidature pour l'équipe nationale en vue des Universiades de Kazan, qui se tiendront en Russie cet été.
Photo: Yan Doublet

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