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Volume 48, numéro 1831 janvier 2013

Survoltés aux oméga-3

Ces molécules modifient l'expression de centaines de gènes, même chez les personnes qui ont une alimentation exemplaire
Les études montrant les bienfaits des oméga-3 sur la santé abondent, mais l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF) vient d'ajouter une preuve d'un autre ordre au dossier. En effet, dans le dernier numéro du Journal of Nutritionnal Biochemistry, une équipe de ce centre de recherche démontre que la consommation d'oméga-3 modifie l'expression de centaines de gènes chez des sujets qui avaient pourtant une alimentation irréprochable.

À la demande des chercheurs, 13 hommes et à 17 femmes ont adopté pendant 8 semaines une alimentation qui respectait scrupuleusement le Guide alimentaire canadien. À partir de la deuxième semaine, les participants devaient également consommer quotidiennement l'équivalent de trois grammes d'oméga-3 sous forme de capsules. «Ça correspond à la dose pharmacologique prescrite aux personnes qui ont un taux de triglycérides élevé, précise Iwona Rudkowska, stagiaire postdoctorale à l’Institut. Nous avons choisi cette dose afin de savoir quels gènes étaient régulés par les oméga-3.»

Des échantillons de sang prélevés au début et à la fin de l'étude révèlent que la prise de ces suppléments a modifié l'expression de 610 gènes chez les hommes et 250 chez les femmes. L'expression d'un gène est dite modifiée lorsque la concentration finale de son ARN est inférieure à 0,8 fois sa valeur initiale ou supérieure à 1,2 fois cette même valeur.

«Il y a une différence dans le nombre de gènes altérés chez les hommes et chez les femmes, mais ces gènes font partie des mêmes voies métaboliques, commente la chercheuse. Leurs fonctions sont liées aux effets anti-inflammatoires et anti-athérogéniques des oméga-3 rapportés dans les études antérieures, ce qui confirme leur rôle protecteur pour la santé cardiovasculaire.» Une substance antiathérogène prévient le rétrécissement des vaisseaux sanguins.

À terme, l'étude entreprise par l'INAF aidera à mieux comprendre pourquoi tous les individus ne répondent pas de la même manière aux oméga-3, ajoute la chercheuse. Elle permettra aussi d'identifier des marqueurs grâce auxquels il sera possible de personnaliser les conseils nutritionnels en fonction du patrimoine génétique de chacun.

«Pour profiter des bienfaits des oméga-3, il n’est pas nécessaire ni plus avantageux d’opter pour les suppléments en capsules. Il s’agit d’inclure dans son alimentation des aliments qui en sont enrichis ou des poissons gras, conseille la chercheuse postdoctorale. Par contre, les suppléments sont une avenue intéressante pour les gens qui n’aiment vraiment pas le poisson.»

L'étude de l'INAF est signée par Iwona Rudkowska, Ann-Marie Paradis, Elisabeth Thifault, Pierre Julien, André Tchernof, Patrick Couture, Simone Lemieux, Olivier Barbier et Marie-Claude Vohl.
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Pour profiter des bienfaits des oméga-3, il n'est pas nécessaire ni plus avantageux d'opter pour les suppléments en capsules. Il suffit d'inclure des poissons gras et des aliments enrichis en oméga-3 dans son alimentation, conseille Iwona Rudkowska.

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