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Volume 48, numéro 2121 février 2013

Sus au développement sauvage!

Les grandes propriétés des communautés religieuses de Sillery devraient être aménagées dans le respect de l’esprit des lieux
Les tours de condos poussent comme des champignons à Québec. Certaines sont érigées rapidement, tandis que d’autres stagnent en cours de construction, comme si l’argent manquait pour poursuivre les travaux. Plusieurs attendent encore un propriétaire des mois après avoir été mis en vente. Des économistes du Mouvement Desjardins observaient récemment que le nombre de vendeurs excède celui des acheteurs pour la première fois depuis le début des années 2000. 

Quand des citoyens de Sillery ont appris, il y a trois ans, qu’on souhaitait construire d’autres copropriétés sur de grands terrains appartenant à des communautés religieuses situés dans l’arrondissement historique de Sillery, ils se sont mobilisés. Ce qui n’a pas empêché que le terrain situé à l’arrière du collège Jésus-Marie soit vendu à un promoteur immobilier, en juillet 2012. Depuis, c’est le branle-bas de combat de la part de résidents qui craignent que d’autres terrains subissent le même sort. Une campagne pour la sauvegarde de cet arrondissement a été lancée l’automne dernier.

«De la manière dont vont les choses, les terrains seront vendus morceau par morceau, sans aucune vision d’ensemble. C’est dommage, car il y aurait moyen d’être tellement plus créatif», dit Tania Martin, professeure à l’École d’architecture. La titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti a reçu dernièrement la visite de membres du conseil de quartier à Sillery. «Ils étaient là moins pour revendiquer leurs droits que pour présenter leurs craintes face au développement sauvage des sites», soutient-elle.

La Coalition pour l’arrondissement historique de Sillery fait actuellement circuler une pétition dans Internet. Les signataires demandent à la Ville de Québec ainsi qu’aux gouvernements provincial et fédéral qu’aucune nouvelle construction résidentielle ne soit érigée sur les sites suivants: Fédération des Augustines, Domaine Benmore, Collège Jésus-Marie, Pères assomptionnistes et cimetière Saint-Patrick. Ils demandent également à ce que les bâtiments sur ces sites soient recyclés et mis en valeur afin de protéger leur caractère historique.
 
C’est là qu’entrent en jeu les différentes manières de concevoir le patrimoine, selon Tania Martin. «S’il faut protéger les terrains patrimoniaux de l’avidité des promoteurs, on doit aussi respecter l’esprit des lieux en ce qui a trait aux bâtiments existants, dit la professeure. Avec le vieillissement de la population, ces bâtiments se videront un jour de leurs élèves ou de leurs résidents actuels. Par exemple, pourquoi ne pas les convertir en maison de soins palliatifs ou en résidence pour personnes âgées? Cela s’inscrirait en ligne directe avec les préoccupations des communautés religieuses qui étaient de soigner et de protéger.»

Le ministère de la Culture a présenté le 8 février un plan de conservation pour la protection des terrains patrimoniaux de Sillery. Des audiences publiques avec dépôt de mémoires auront lieu jusqu’au 27 mars.
Photo
Les zones vertes sur cette photo constituent en grande partie un héritage des congrégations religieuses.
Photo: Pierre Lahoud

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