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Volume 47, numéro 1122 novembre 2012

Une artiste chez les archéologues

Elsa Cencig, étudiante en géoarchéologie nordique, aide les Inuits du Nunavik à préserver leur patrimoine
Bien des enfants rêvent de devenir un jour archéologue. Quelle aventure ce doit être! Dès son plus jeune âge, Elsa Cencig s’imagine elle aussi creusant le sol en quête de trésors inestimables. Les années ont passé et l'étudiante est allée au-delà du rêve. Ses études l’ont ainsi conduite à la découverte des richesses du Nord.

À l’heure d’entrer au cégep, la future chercheuse s’interroge sur la voie à emprunter et décide d’étudier… en arts visuels. C’est toutefois un parcours scientifique qu’elle entame lors de son intégration à l’Université Laval. «J’ai toujours aimé les mystères, alors j’ai fait un baccalauréat en archéologie.» Cependant, il y a des jours où le rêve tend à virer au cauchemar. À ses débuts, l’étudiante ne connaît même pas le carbone 14! Elle redouble d’effort, mais lorsqu’elle échoue à deux cours, le doute l’assaille. Son entourage l’encourage alors. «Un jour, un proche m’a dit que, pour être un bon scientifique, il faut avant tout être un artiste. Ça a été comme un déclic pour moi.»

À force de persévérance, Elsa Cencig obtient son diplôme et décide de faire une maîtrise en géoarchéologie au Département de géographie. Elle espère ainsi montrer comment les changements climatiques se sont accompagnés de modifications des activités humaines dans le nord du Nunavik. Souvent sur le terrain à la recherche des fossiles du passé, la jeune femme concrétise son rêve au fil des jours. «Je ne suis pas un modèle, admet-elle avec humour. J’ai commencé ma maîtrise en 2007. C’est assez long!» Une rencontre est en effet venue bouleverser le cours des choses…

Lors de son premier terrain, Elsa Cencig fait la connaissance de membres de l’Institut culturel Avataq. «L’objectif d’Avataq est de sensibiliser les Inuits au patrimoine archéologique. On pense souvent que les sites archéologiques résident dans ce qui est enfoui. Pourtant, au Nunavik, nous marchons sur ces sites.» L’étudiante intègre l'équipe d'Avataq en 2008 et ajoute à son parcours cette dimension humaine qui lui faisait défaut.

Chaque été, elle participe à des chantiers-écoles durant lesquels de jeunes Inuits apprennent les techniques de fouille. «C’est comme un camp de vacances. Nous devenons très proches des adolescents.» Parfois, la jeune femme part en prospection archéologique munie d’un GPS. «L’objectif est notamment de créer des cartes pour les Inuits afin de préserver le nom traditionnel des lieux. Ces cartes seront aussi utiles pour les chasseurs. Nous travaillons avec, mais surtout pour les Inuits.»

Aujourd’hui, avec Avataq, Elsa Cencig semble avoir trouvé sa voie. «C’est le travail dont je rêvais. On va au-delà de la science pour la science. Il y a une dimension humaine incroyable.» Peut-être que le secret qu’elle a finalement découvert n’était pas si profondément enfoui: la richesse du Nord ne réside pas uniquement dans les fossiles.

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«On pense souvent que les sites archéologiques résident dans ce qui est enfoui. Pourtant, au Nunavik, nous marchons sur ces sites», dit Elsa Cencig.

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