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Volume 48, numéro 1724 janvier 2013

Une métastase au portefeuille

Les Québécoises déboursent en moyenne 1600$ pour couvrir les frais afférents au cancer du sein
Gratuits, les soins de santé pour les femmes atteintes d'un cancer du sein au Québec? Pas exactement, démontre une équipe de l'Unité de recherche en santé des populations dans le dernier numéro du Journal of the National Cancer Institute (JNCI). En effet, les patientes débourseraient, en moyenne, 1600$ de leur propre poche pour couvrir les frais afférents à leur maladie dans l'année suivant le diagnostic.

Les chercheurs arrivent à ce chiffre après avoir estimé les coûts assumés par 829 Québécoises pendant le traitement et le suivi de leur cancer. Ces déboursés couvrent notamment les déplacements à l'hôpital, l'hébergement pendant les traitements, l'aide à domicile, la consultation de professionnels de la santé (physiothérapeute, psychologue, acupuncteur, etc.), les prothèses mammaires, les perruques, les vitamines et les produits naturels. Les montants rapportés dans l'étude représentent ce que les femmes ont eu à débourser en sus de l'aide financière reçue du gouvernement ou de leur assureur privé.

Les estimations des chercheurs révèlent des écarts appréciables dans les frais encourus par les patientes. Le quart des répondantes a défrayé moins de 500$ alors qu'un pourcentage équivalent a dû assumer une facture de plus de 2000$. Le fait de résider à plus de 50 kilomètres de l'hôpital où se donnent les soins et d'avoir reçu deux ou trois types de traitements adjuvants (chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie) augmente le risque de faire partie de ce dernier groupe.

Au final, 8% des répondantes estiment que ces déboursés ont compromis leur capacité à subvenir à leurs besoins de base. Toutefois, pour la plupart des patientes, c'est la baisse de revenus d'emploi qui a pesé le plus lourd dans la détérioration de leur situation financière. Lors d'une étude antérieure, la même équipe avait estimé que les femmes frappées par un cancer du sein subissaient une diminution de revenu correspondant à 27% de leur salaire dans l’année suivant le diagnostic.

Les frais afférents au cancer du sein représentent environ 2% du revenu familial. «Pour la plupart des femmes, il ne s'agit pas d'une somme insurmontable, commente la première auteure de l'étude, Sophie Lauzier, de la Faculté de pharmacie. Pour que la chose reste ainsi, il faut toutefois maintenir et même bonifier les programmes de compensation financière existants, notamment ceux qui touchent l'hébergement des patientes et les frais de transport.»

Par ailleurs, la professeure Lauzier recommande aux médecins d'amorcer les discussions sur les finances personnelles avec leurs patientes avant d'entreprendre les traitements. «Comme les préoccupations des femmes portent sur leur bataille contre le cancer, la plupart ne penseront pas aux répercussions financières de leur maladie. En abordant le sujet dès le départ, on leur évite de mauvaises surprises.»

L'article paru dans le JNCI est signé par Sophie Lauzier, Pascale Lévesque, Myrto Mondor, Mélanie Drolet, Douglas Coyle, Jacques Brisson, Benoît Mâsse, Louise Provencher, André Robidoux et Elizabeth Maunsell.
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