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Volume 48, numéro 1229 novembre 2012

Vive les «vieux médias»!

Même si les nouvelles technologies font partie intégrante du quotidien, les Québécois continuent de plébisciter la télévision comme principale source d’information
Faciles d’utilisation, les nouveaux médias ont connu un essor exponentiel dans les dernières années. Les utilisateurs des sites de réseautage comme Facebook peuvent rester informés en adhérant à différents groupes en fonction de leurs intérêts. Twitter permet de suivre en temps réel ce qui se passe partout dans le monde. On pourrait croire que les Québécois en ont fait leur principale source d’information. Est-ce le cas? Loin de là!

Pour l’instant, le petit écran capte près de 40% de leur temps consacré à l’information, soit deux fois plus que les nouveaux médias, qui en accaparent 19,5%. Les gens divisent le reste de leur temps entre la radio (16 %), les quotidiens (14%), les hebdos et magazines (4% chacun) et les quotidiens gratuits (2%). C’est ce que rapporte le Centre d’études sur les médias (CEM) dans une enquête publiée cet automne.

Cette réalité étonne Daniel Giroux, coauteur de l’enquête. «L’utilisation des nouveaux outils pour s’informer, que ce soit un iPad, Facebook ou Twitter, n’a pas crû autant que le discours aurait pu nous le faire croire. Il y a encore une bonne partie de la population qui compte sur les anciens moyens. Ça, c’est vraiment une surprise!»

Ces bouleversements technologiques ont peu de répercussions sur les habitudes des Québécois, souligne le chercheur, qui ne croit pas que les journaux soient appelés à disparaître de sitôt. «Beaucoup de gens les lisent, note-t-il. Les médias qui ont misé uniquement sur les nouvelles technologies n’ont pas eu un grand succès jusqu’à maintenant! Le public n’est peut-être pas encore prêt.» Il donne en exemple le projet du quotidien La Presse de doter d’une tablette iPad chaque abonné signant un contrat de trois ans. «Vont-ils le faire aussi rapidement qu’ils le croyaient? Je pense qu’ils vont devoir reporter ça dans le temps. On verra.»

Selon le rapport du CEM, les nouvelles technologies n’inciteraient pas les utilisateurs à se renseigner davantage. Les grands consommateurs d’information les utiliseraient plutôt pour varier leurs sources, tandis que d’autres y auraient recours à des fins de divertissement.

L’étude relève par ailleurs un certain désintérêt pour l’actualité internationale. Un phénomène qui n’est pas nouveau, selon le professeur. «Les gens portent un intérêt à la culture et au mode de vie des autres pays, mais pas nécessairement à leurs problèmes! Et les quotidiens rapportent principalement des catastrophes ou des événements en lien avec la politique.»

Pour économiser, les médias ont recours à des textes d’agences de presse, notamment dans les pays où l’octroi de visas journalistiques est compliqué. «Ces textes sont rédigés par des journalistes locaux. Ils ont un langage parfois incompréhensible pour le lecteur, à moins que celui-ci ait longuement suivi la politique du pays», regrette-t-il. Cela n’aide pas les actualités internationales à accrocher le grand public.

L’étude, intitulée «Comment les Québécois s’informent-ils?», tente de suivre environ 500 Québécois francophones habitant les villes de Québec, Montréal, Laval, Rivière-du-Loup et Victoriaville pour connaître l’évolution de leurs habitudes depuis 2007. Une quatrième phase se poursuivra en février, pour laquelle les résultats sont prévus à l’été 2013.
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