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Volume 48, numéro 197 février 2013

Une critique de la normalité

La théorie queer remet en question le mode de vie relié à l’hétérosexualité
Dans notre société, une vie dite «normale» tient en quelques étapes marquantes. On naît garçon ou fille, on grandit, on étudie, on travaille, on forme un couple et on a des enfants. Ceux qui n’entrent pas dans le moule sont parfois pointés du doigt en raison de leurs différences: ainsi en est-il des gais et des lesbiennes. Mais il existe d’autres personnes qui, elles, revendiquent non seulement leur droit à la différence, mais aussi celui de n’entrer dans aucune catégorie. Il s’agit des queers ou allosexuels.

Est queer  («étrange» en français) un individu qui a des préférences sexuelles non exclusivement hétérosexuelles. Il peut également posséder des caractéristiques qui ne correspondent pas aux normes liées à son sexe. À l’aise dans ce flou existentiel, le queer ne souhaite pas être défini de façon plus précise, que ce soit en tant qu’homme ou femme, ou encore par ses pratiques sexuelles.

«Pour bien saisir toute la portée de la théorie queer, il faut comprendre qu’elle se veut en tout premier lieu une critique radicale de ce qui passe pour normal dans la société dans laquelle nous vivons», explique Olivier Ducharme, qui a prononcé récemment une conférence sur le sujet devant des étudiants de la Faculté de philosophie.

«La théorie queer ne se fonde pas contre l’hétérosexualité, mais bien contre le mode de vie normal accolé à la vie hétérosexuelle, dit le jeune docteur en philosophie. Par exemple, une personne peut très bien être attirée par un individu du sexe opposé et être queer. Il est également possible de vivre de manière hétéronormative – comprise dans le sens où l’hétérosexualité est la norme – tout en étant homosexuel. En somme, être queer, c’est vivre à partir d’une autre esthétique de vie, d’une autre imagination, d’un autre horizon d’attente.»

La théorie queer n’est pas fondée que sur de beaux discours. Elle est aussi engagée dans l’action. En 1990, à New York, naît ainsi le regroupement Queer Nation. Avant tout, ces personnes souhaitent être reconnues et acceptés, au-delà des différences. En témoignent les slogans que ses membres scandent dans la rue lors de manifestations: We are here! We are Queer! Get used to it! («Nous sommes là! Nous sommes queer! Il faut vous y faire!»)
 
Selon Olivier Ducharme, l’événement fondateur de la libération gaie, lesbienne et queer reste la série d’émeutes survenues les 28 et 29 juin 1969, au bar Stonewall Inn (endroit gai et branché aujourd’hui fermé) à New York. Parce que la loi interdisait qu’un homme porte des vêtements féminins et qu’une femme porte des vêtements masculins, la police a décidé de procéder à l’arrestation des contrevenants. Ces derniers ont décidé de résister à leur arrestation. À partir de ce jour, plus rien n’a été pareil. Ces émeutes, dont l’anniversaire est célébré annuellement sous le nom de Gay Pride, marquent la naissance du mouvement gai, lesbien, bi et trans (LGBT).
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