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11 décembre 2003

   

Université Laval

L'empire du plaisir


Michel Cabanac s'intéresse au plaisir sous toutes ses coutures. Cet intérêt ne relève pas de l'hédonisme, mais bien de la science et de la quête de sens. Les travaux que ce professeur mène depuis plusieurs années à la Faculté de médecine l'ont conduit à l'élaboration d'une théorie du plaisir comme moteur des comportements humains. Les quatre grandes forces de la nature - gravitationnelle, électromagnétique, nucléaire faible et nucléaire forte - règlent l'infiniment grand et l'infiniment petit. Le plaisir, lui, gouverne le cerveau, l'infiniment complexe, propose-t-il dans son dernier livre La cinquième influence ou la dialectique du plaisir, paru aux Presses de l'Université Laval.

Cet ouvrage s'attarde aux bases scientifiques et aux conclusions qui ont conduit Michel Cabanac à considérer le plaisir comme la cinquième force de l'univers. "Les conclusions utilitaristes auxquelles je parviens ne reposent pas sur des intuitions, elles-mêmes fondées sur l'introspection du philosophe. Elles sont fondées sur des études expérimentales, reproductibles, productrices d'évidences partageables." Le plaisir sous toutes ses formes - manger, boire, voir, écouter, toucher, caresser, s'amuser et posséder - conditionne les actions et les prises de décisions. C'est la monnaie d'échange utilisée par notre cerveau pour évaluer la rentabilité de chaque comportement dans une situation donnée. Lorsqu'il y a conflit entre plusieurs comportements et que nous devons choisir, nous agissons alors de façon à optimiser le plaisir, explique Michel Cabanac.

Ce livre, qui transcende les disciplines scientifiques, s'adresse "non pas à des spécialistes mais à "l'honnête homme" de notre temps", insiste l'auteur. Même si une partie de son contenu a déjà été publiée sous une forme voisine dans des revues scientifiques ou dans des ouvrages collectifs, l'ouvrage trouve néanmoins une double justification aux yeux de Michel Cabanac. "Il rassemble en une gerbe les tiges poussées dans divers jardins et, surtout, il apporte au public francophone ce qui a été publié en anglais."