Au fil des événements
 

9 juin 2005

   

Université Laval

Fantastique et mythologie

La chargée de cours Anique Poitras remporte en France le prix Chronos Vacances 2004 pour son roman Isidor Suzor

par Yvon Larose

"Lorsque j'ai su que j'avais remporté le prix, j'ai surtout ressenti de la joie", indique Anique Poitras, chargée de cours au Département des littératures et récipiendaire du prix Chronos Vacances 2004 pour son roman Isidor Suzor. "Cela confirme qu'un grand nombre des milliers d'enfants qui ont lu les ouvrages sélectionnés ont été touchés par mon histoire." À l'été 2004, en France, plusieurs milliers d'enfants inscrits à des structures de loisirs éducatifs avaient été invités à lire quatre romans sélectionnés par la Fondation nationale de gérontologie dans le cadre du prix Chronos Vacances. Un de ces récits était Isidor Suzor, un roman québécois publié en 2002 aux éditions Dominique et compagnie. Les prix Chronos Vacances 2003 et 2004 ont été remis à Paris, le 23 avril dernier, en présence de la vice-présidente de l'Assemblée nationale française.

Le roman Isidor Suzor s'adresse aux lecteurs de six ans et plus. En une quarantaine de pages, il raconte l'histoire d'un vieux et mystérieux sculpteur qui ne sort jamais de chez lui et qui ne veut pas être vu. Celui-ci finira cependant par se laisser toucher par l'amitié d'une petite fille. Ce roman fait partie d'une série de quatre récits. Dans chacun, l'auteure aborde de manière agréable les thèmes du fantastique et de la mythologie. "La réalité m'intéresse dans la mesure où elle peut se marier avec l'imaginaire, le métaphorique, le mystérieux, le symbolique, le poétique, ce qui échappe au moins en partie à la raison, explique Anique Poitras. Dans cette série, chaque aventure commence par une rumeur et se termine par une légende. Ces légendes, je m'amuse à les créer parce qu'elles ont du sens pour moi. Un chasseur épargne la vie d'une louve, enterre son fusil et, à cet endroit, un arbre pousse. Ses feuilles sont poilues et en forme de pattes de loup."

La qualité première de l'héroïne? Ses yeux d'enfant, répond l'écrivaine. "La petite Anique voit plein de choses qui clochent chez les adultes, notamment leur étroitesse d'esprit, leur côté prétentieux et cette façon qu'ils ont de regarder les tout-petits de haut. Mon héroïne ne se gêne pas pour dire sa façon de voir et de penser. Il y a beaucoup plus que de la naïveté chez les enfants."

Dans ses écrits, Anique Poitras partage avec les jeunes lecteurs des valeurs qui lui sont chères. Par exemple, son amour de la vie, son espérance, son désir de paix et l'importance de l'art. "Toute histoire racontée tient un discours, ajoute-t-elle. L'art est une opération alchimique qui permet au créateur de prendre quelque chose, de le transformer et de le redonner au monde." Lorsqu'elle écrit, la romancière cherche, entre autres, à raconter une bonne histoire et à toucher le cur des lecteurs. "On ne change pas le monde avec un roman, souligne-t-elle. Mais si un roman aide des lecteurs à mieux vivre parce qu'il laisse une empreinte d'espérance, des pistes de réflexion, des nourritures spirituelles, l'écrivain, je crois, a accompli sa mission."