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5 janvier 2006

   

Université Laval

La force tranquille

Étudiante en médecine, l'haltérophile Maryse Turcotte se prépare pour les Jeux du Commonwealth

par Yvon Larose

À cinq pieds (1,52 m) et 120 livres (54 kg), l'étudiante au doctorat en médecine Maryse Turcotte n'a ni la taille ni la carrure que l'on imagine d'une haltérophile de calibre international capable de soulever deux fois son poids en fonte au bout de ses bras. Et pourtant, elle fait bel et bien partie de l'élite de son sport depuis des années dans sa catégorie de poids. La recette de son succès? Deux formidables atouts: une énorme capacité de travail physique et une détermination à toute épreuve. "L'aspect génétique qui m'avantage est ma très grande capacité de travail, dit-elle. Je peux m'entraîner deux fois par jour, à raison de deux heures et demie la séance, pendant cinq jours. Et si mon entraîneur me demande de faire une onzième séance d'entraînement pendant la fin de semaine, je peux le faire." Selon elle, le succès en haltérophilie se mesure aux efforts consacrés à l'entraînement. "L'haltérophilie est un sport particulier fait de 99 % d'entraînement et de 1 % de compétition, explique-t-elle. Il faut être capable de s'entraîner suffisamment longtemps pour développer la force. Mais l'entraînement est quelque chose de difficile et d'exigeant. C'est un gros défi de pouvoir soulever quelque chose de lourd à chaque entraînement et de s'améliorer, tant au niveau technique qu'en flexibilité et en puissance. Ce sport requiert beaucoup de technique. C'est beaucoup plus que prendre la barre et la lever."

En mars prochain, l'étudiante-haltérophile participera aux Jeux du Commonwealth à Melbourne, en Australie. Ses meilleures performances à vie, Maryse Turcotte les a réalisées aux Jeux olympiques d'Athènes, en 2004. Ses 90 kg (198 lb) à l'arraché et ses 120 kg (265 lb) à l'épaulé-jeté lui ont valu une onzième place. Outre ses deux participations olympiques, dont une quatrième place à Sydney, en Australie, en 2000, elle se dit "bien fière" de ses trois médailles aux Championnats du monde, notamment l'argent à l'épaulé-jeté à Lahti, en Finlande, en 1998, avec 115 kg. Autre motif de fierté: ses neuf titres consécutifs de meilleure athlète féminine toutes catégories des Championnats canadiens senior d'haltérophilie. Depuis 1995, elle s'est toujours classée parmi les sept premières de sa catégorie aux Championnats du monde. Ce fut le cas en novembre dernier à Doha, au Qatar.

Une étudiante-athlète qui aime les défis
Après un bac en administration de l'Université du Québec à Montréal, puis une maîtrise en administration de la santé de l'Université de Montréal, Maryse Turcotte commençait, l'automne dernier à l'âge de 30 ans, des études de doctorat en médecine à Laval. "En maîtrise, je pensais terminer mes études et me trouver un emploi, raconte-t-elle. Mes notes finales étaient bonnes. Comme j'aime relever des défis, comme je veux toujours en faire plus et aller toujours plus loin, je me suis dit: Pourquoi pas?"

Maryse Turcotte a eu son premier contact avec l'haltérophilie en 1991, à l'âge de 15 ans. Le premier Championnat du monde de la discipline s'était tenu en 1987 aux États-Unis. Pour la jeune sportive accomplie de Sherbrooke, ce fut le coup de foudre. "Jusque-là, raconte-t-elle, j'avais pratiqué régulièrement plusieurs sports, notamment le soccer. J'ai tout de suite aimé l'haltérophilie. Cet univers sportif était à l'opposé de ce que j'avais connu. J'avais fait beaucoup de sport depuis l'âge de cinq ans, ce qui fait que, dès mes débuts, mes jambes étaient très fortes comparées aux autres filles et même aux garçons de mon âge. Un an plus tard, j'avais dit à mon entraîneur qu'un jour je gagnerais une médaille aux Championnats du monde!"