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12 janvier 2006

   

Université Laval

Au palmarès de Québec Science

Des chercheurs de Laval ont réalisé trois des dix découvertes de l'année 2005 du magazine de vulgarisation scientifique Québec Science

par Jean Hamann

Des travaux effectués par trois équipes de l'Université, toutes trois de la Faculté des sciences et de génie, figurent sur la liste des dix découvertes de l'année 2005 du magazine Québec Science. Le Département de chimie est à l'honneur puisque deux de ces équipes, celle de Peter McBreen et Mohamed Siaj et celle de Mario Leclerc et Denis Boudreau, sont issues de ses rangs. L'équipe de Tigran Galstian (Physique, génie physique et optique) complète le trio. Il faut prendre note que ce concours, qui en est à sa treizième édition, avait déjà reconnu la valeur de travaux de Peter McBreen en 2001 et 2004, de même que ceux de Tigran Galstian en 1997.

Cette année, le jury composé de scientifiques et de journalistes a eu à choisir parmi les 70 dossiers soumis par des universités et des centres de recherche gouvernementaux ou privés. Les découvertes devaient avoir un impact suffisant pour ouvrir de nouvelles perspectives et susciter de nouveaux espoirs dans leur domaine respectif en plus d'avoir fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique reconnue entre novembre 2004 et octobre 2005. La direction du magazine reconnaît la relative subjectivité de ce périlleux exercice, mais elle y voit une occasion de saluer la qualité de la recherche faite au Québec.

Zoom, zoom, zoom
Dans le cadre de recherches menées au Centre d'optique, photonique et laser (COPL), Tigran Galstian et Vladimir Presnyakov ont mis au point une lentille plate - cinq fois plus mince qu'une feuille de papier - dotée d'un zoom sans pièce mobile. Les chercheurs envisagent plusieurs applications pour un tel système optique, notamment dans les appareils photo intégrés aux téléphones cellulaires. "Notre lentille à zoom optoélectrique serait de bien meilleure qualité que les zooms numériques dont sont présentement équipés ces téléphones", assure Tigran Galstian.
 
Tigran Galstian et sa lentille ultramince dotée d'un zoom sans pièces mobiles.
Photo Marc Robitaille

Les deux chercheurs ont décrit la méthode qu'ils ont développée pour produire cette lentille révolutionnaire dans le numéro d'avril 2005 du Journal of Applied Physics. Ils ont déposé, avec leurs collaborateurs Karen Asatryan du COPL et Amir Tork de la firme Photintech, une demande de brevet aux États-Unis pour cette invention.

Serrer la pince
Tous les automobilistes qui ont eu des problèmes de démarrage ont une connaissance pratique de la pince crocodile, cet outil aux mâchoires dentelées qui permet de brancher rapidement et solidement la batterie à plat au survolteur. Mohamed Siaj et Peter McBreen ont réalisé un grand coup à l'échelle nanométrique en mettant au point un procédé qui permet de fabriquer l'équivalent d'une nanopince crocodile. Leur procédé, divulgué dans l'édition du 22 juillet 2005 de la revue Science, permet de connecter des circuits nanométriques en utilisant des molécules comme composantes de base.

Cette découverte ouvre de nouveaux horizons aux spécialistes de l'électronique moléculaire aux prises avec un problème de taille: comment établir des connexions solides et résistantes à l'échelle moléculaire.

 
La découverte de Mohamed Siaj et Peter McBreen ouvre de nouveaux horizons en électronique moléculaire.
Photo Marc Robitaille

Cette question est cruciale si l'industrie de l'informatique veut maintenir le rythme dans l'évolution de la vitesse des ordinateurs. La méthode mise de l'avant par les chercheurs Siaj et McBreen, du Centre de recherche sur les propriétés des interfaces et la catalyse, permet de contrôler avec précision, par chimie des surfaces, toutes les étapes de la création d'une solide jonction électrode-polymère.

Superallumage
Mario Leclerc et Denis Boudreau ont mis au point une méthode efficace, peu coûteuse et très sensible qui pourrait bouleverser le marché des tests diagnostiques qui font appel à l'ADN. Cette méthode - qu'ils ont nommée Fluorescence Chain Reaction ou superallumage - pourrait remplacer une fraction importante des tests génétiques qui font intervenir une étape d'amplification de l'ADN - une procédure délicate et complexe qui consiste à multiplier le nombre de copies d'ADN. En théorie, le superallumage ne nécessite que quelques molécules d'ADN dans un échantillon pour livrer un verdict. "On pourrait confirmer un diagnostic de grippe aviaire en quelques minutes alors que les tests actuels exigent de trois à cinq jours", affirme Mario Leclerc.
Les deux chercheurs et une équipe de la Faculté de médecine, formée de Hoang-Anh Ho, Kim Doré, Maurice Boissinot, Michel G. Bergeron et Robert M. Tanguay, ont fait la démonstration de l'efficacité de cette méthode pour le dépistage d'une maladie nommée tyrosinémie héréditaire.  
La découverte de Mario Leclerc et Denis Boudreau pourrait bouleverser le marché des tests diagnostiques qui reposent sur l'ADN.
Photo Marc Robitaille
Ils ont publié leurs résultats dans le Journal of the American Chemical Society.

Aux dires du professeur Leclerc, les applications du superallumage ne manquent pas: dépistage de maladies génétiques, identification de bactéries ou de virus infectieux, lutte au bioterrorisme, détection d'OGM dans les produits alimentaires et même profilage génétique des patients en vue de la prescription optimale de médicaments.  

Pour en savoir plus sur ces découvertes, consultez le numéro de février du magazine Québec Science, déjà disponible en kiosques.