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Volume 53, numéro 12 | 30 novembre 2017

À la une

À l’interface de la chimie et du bois

Lancement d'une chaire industrielle consacrée à la finition des produits du bois d'intérieur

Par Jean Hamann

Ne serait-il pas merveilleux que les éraflures à la surface des meubles et des couvre-planchers se réparent d’elles-mêmes, comme le font les égratignures sur la peau? Ces produits autoréparateurs, qui semblent tout droit sortis de la science-fiction, pourraient devenir réalité d’ici quelques années grâce aux recherches menées dans des laboratoires qui œuvrent à l’interface de la chimie et des sciences du bois. C’est justement à ce type de projets que s’attaquera, au cours des cinq prochaines années, l’équipe de la Chaire de recherche industrielle CRSNG – Canlak en finition des produits du bois d’intérieur, qui a été lancée officiellement sur le campus le 28 novembre.

La titulaire de cette chaire, Véronic Landry, du Département des sciences du bois et de la forêt, s’y connaît bien en matière de surfaces et d’interfaces. Après un baccalauréat et une maîtrise en chimie, elle a obtenu un doctorat en sciences du bois. Elle a ensuite travaillé pendant dix ans comme chercheuse en milieu industriel chez FPInnovations, tout en assurant la cosupervision d’étudiants-chercheurs à titre de professeure associée à l’Université Laval. En avril dernier, elle faisait le grand saut dans le monde universitaire.

«Je suis une hybride, tout comme cette chaire industrielle en milieu universitaire, dit-elle. J’ai beaucoup aimé faire de la recherche en industrie, mais j’adore particulièrement travailler avec des étudiants. Je veux aussi contribuer à former du personnel qualifié pour combler les besoins des entreprises dans le domaine de la finition des produits du bois d’intérieur», explique-t-elle. À cet égard, les objectifs de la Chaire sont clairs et ambitieux. D’ici cinq ans, 21 étudiants-chercheurs et chercheurs postdoctoraux ainsi que 12 étudiants stagiaires de premier cycle auront participé aux travaux de la Chaire. «Ils auront la chance d’interagir avec les équipes de nos partenaires industriels et nous espérons que plusieurs d’entre eux poursuivront une carrière au sein de ces entreprises par la suite.»

Les défis qui attendent la filière des produits du bois d’intérieur – qu’il s’agisse de couvre-planchers, de meubles ou de portes pour le secteur résidentiel ou commercial – sont de taille, rappelle la professeure Landry. «Il ne suffit pas de faire valoir que ces produits réduisent la production de gaz à effet de serre et qu’ils contribuent au bien-être des occupants. Pour conserver et accroître leur part de marché, les fabricants devront améliorer leurs produits sur les plans de l’apparence, de la diversité ainsi que de la résistance aux chocs et au feu. Les travaux de la Chaire ont pour but d’aider nos partenaires à trouver des solutions novatrices pour y arriver.»

Certains produits de finition du bois ont longtemps eu mauvaise réputation sur le plan environnemental, reconnaît la professeure Landry. «Cette réputation était due aux revêtements à base de solvants qui sont maintenant en déclin. Les projets que nous mènerons visent tous le développement de produits à faible teneur en composés organiques volatils et de faible toxicité, comme les produits de finition polymérisés aux ultraviolets et ceux à base d’eau.» Pour le vice-recteur adjoint à la recherche, à la création et à l’innovation, Michel J. Tremblay, il s’agit là «d’une illustration éloquente de la vision du développement durable au sein de l’Université Laval, où nous mettons l’innovation en recherche au service de l’environnement».

Pour mener à bien ses travaux, la Chaire dispose d’un budget de 4,2 M$ sur 5 ans, dont 1,8 M$ en biens et services. Les fonds proviennent du CRSNG, notamment par l’entremise de son programme RDC, de l’Université Laval et des entreprises Canlak, Boa-Franc, Inortech EMCO, Canadel et Portes Lambton. «Nos partenaires forment un consortium industriel unique qui couvre toute la chaîne de valeur, depuis le distributeur des matières premières servant à fabriquer les produits de finition jusqu’aux utilisateurs finaux», souligne Véronic Landry.

S’exprimant au nom des partenaires industriels de la Chaire, Éric Vaillancourt, vice-président de Canlak, a rappelé que «le développement technologique et l’innovation sont essentiels à la croissance de nos entreprises et à l’économie générale de notre pays.»


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Les représentants des partenaires de la Chaire lors du lancement officiel le 28 novembre: Michel J. Tremblay, vice-recteur adjoint à la recherche, à la création et à l’innovation, Marc Fortin, vice-président de la Direction des partenariats de recherche du CRSNG, Véronic Landry, titulaire de la Chaire, Guy Mercier, doyen de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, et Éric Vaillancourt, vice-président de Canlak et représentant des partenaires industriels.

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Les produits du bois d'apparence, qu'il s'agisse de couvre-planchers, de meubles ou de portes, réduisent la production de gaz à effet de serre et contribuent au bien-être des occupants. Les travaux de la Chaire visent à améliorer ces produits sur les plans de l'apparence, de la diversité ainsi que de la résistance aux chocs et au feu.

Photo: Boa-Franc pour Planchers Mirage

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