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Volume 53, numéro 4 | 21 septembre 2017

À la une

À la rescousse d’anciens combattants

Les chiens d'assistance améliorent la condition des vétérans atteints de stress post-traumatique

Par Jean Hamann

Les anciens combattants atteints du trouble de stress post-traumatique (TSPT) pourraient améliorer certains aspects de leur condition grâce aux chiens d’assistance. C’est ce que démontre une étude que la professeure Claude Vincent, du Département de réadaptation et du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS), a présentée à l’occasion du 14e Congrès de l’Association for the Advancement of Assistive Technology in Europe, qui s’est déroulé la semaine dernière à Sheffield, au Royaume-Uni.

Rappelons que le TSPT se manifeste chez des gens ayant vécu des événements bouleversants qui ont mis en péril leur sécurité ou leur vie, ou celles d’autrui. Ces événements, qui leur ont causé une peur intense et un sentiment d’impuissance, hantent leur esprit provoquant de l’irritabilité, de la colère, des comportements d’évitement et de l’hypervigilance. Leur condition interfère avec les activités de la vie courante et peut causer de l’insomnie, diminuer la qualité de vie et conduire à la dépression. Au Canada, le nombre de vétérans atteints du TSPT est passé de 2 800 en 2004 à 9 900 en 2014.

Ce trouble anxieux est traité par pharmacothérapie ou psychothérapie, mais une bonne partie des patients ne réagissent pas à ces traitements, d’où l’idée de recourir à des chiens d’assistance. «Ces chiens sont entraînés pour réagir à certains symptômes du TSPT, notamment une sudation abondante, lorsqu’ils se manifestent chez leur maître, explique Claude Vincent. Ils vont alors s’approcher de lui et le toucher, ce qui peut interrompre une crise d’anxiété. De plus, on croit que ces chiens peuvent aider leur maître à relaxer, qu’ils créent une bulle de sécurité autour de lui et qu’ils peuvent faciliter les relations sociales.»

Pour tester l’efficacité réelle de ces chiens, la professeure Vincent et huit autres chercheurs ont recruté 18 vétérans des Forces armées canadiennes qui souffraient du TSPT depuis 7 ans en moyenne. Les participants devaient remplir des questionnaires portant sur leur santé et leur qualité de vie à trois reprises au cours des six mois précédant leur jumelage avec un chien et à deux reprises pendant les six mois suivants. Les analyses des chercheurs révèlent que la présence d’un chien d’assistance s’accompagne d’une diminution des principaux symptômes du TSPT et d’une réduction des symptômes dépressifs. Les données montrent également une amélioration de la qualité de vie sur les plans de la santé physique, de la santé psychologique et des relations sociales ainsi qu’une embellie pour les différentes composantes de la qualité du sommeil. Enfin, les participants de l’étude osent davantage sortir à l’extérieur de leur domicile et leur aire de mobilité s’accroît avec le temps.

«Les chiens d’assistance ne sont pas une panacée, mais les effets que nous avons observés sont très prometteurs. En fait, on ne s’attendait pas à des résultats aussi concluants», commente la professeure Vincent. Les chercheurs effectueront de nouvelles évaluations 9 mois et 12 mois après le jumelage entre les vétérans et leur chien pour déterminer si les améliorations observées se maintiennent. Les autres chercheurs qui collaborent à l’étude sont Geneviève Belleville, de l’École de psychologie, Frédéric Dumont, du CIRRIS, Édouard Auger et Vicky Lavoie, du CHU de Québec — Université Laval, Dany H. Gagnon et Geneviève Lessard, de l’Université de Montréal, Markus Besemann, de la Défense nationale, et Noël Champagne, de la Fondation Mira.

Chiens d'assistance pour anciens combattants

Photo fournie par un ancien combattant

Un chien d'assistance et un militaire

Le chien d’assistance est entraîné pour réagir aux symptômes de stress post-traumatique lorsqu’ils se manifestent chez son maître. Il peut le calmer, l’aider à relaxer, créer une bulle de sécurité autour de lui et faciliter ses relations sociales.

Photo: Adrian Wyld/Presse canadienne

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