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Volume 50, numéro 16 | 15 janvier 2015

Actualités UL

Aller au bout de ses rêves

Véritable passionnée, l'étudiante Sarah Le Guern est bien déterminée à aider les enfants atteints de troubles d'apprentissage

Par Matthieu Dessureault

La vie n’est pas de tout repos pour les enfants souffrant de dyslexie et de dysorthographie. Sarah Le Guern, originaire de Guingamp, en France, en sait quelque chose. Programmes scolaires inadaptés, professeurs qui ne savent pas comment s’y prendre, moqueries des camarades de classe: les embûches qu’elle a surmontées durant son enfance sont nombreuses. La voici aujourd’hui fière universitaire. Sa mission: déboulonner les mythes et les clichés parfois associés aux troubles de l’apprentissage. «Plusieurs personnes pensent que les enfants dyslexiques sont paresseux ou ne sont pas intelligents, mais ce n’est pas le cas. C’est juste qu’ils fonctionnent autrement. Ils n’arrivent pas à entrer dans les cases du système d’éducation. C’est pourquoi il faut trouver d’autres chemins pédagogiques», estime la jeune femme, qui vit maintenant à Québec.

Diplômée d’une licence (l’équivalent d’un baccalauréat) en psychologie, elle entame sa première session à la Faculté des sciences de l’éducation. Cette année préparatoire d’études la mènera à une maîtrise en psychopédagogie. Son objectif est d’acquérir des compétences qui lui permettront d’aider les jeunes ayant des difficultés à lire et à écrire. «Je veux me donner une boîte à outils pour les aider à être plus autonomes et à réussir aussi bien que les autres. En France, la plupart des enfants dyslexiques et dysorthographiques se retrouvent dans des domaines d’études qui ne leur correspondent pas. Il faut mettre en place un système qui leur permettrait de faire ce qu’ils veulent dans la vie. Je veux leur éviter le passage difficile que j’ai vécu», explique-t-elle.

Enthousiaste, l’étudiante veut fonder une école spécialisée à l’étranger, probablement en Afrique. Elle considère que les besoins sont criants dans cette région du monde où l’accès à l’apprentissage est parfois restreint. Ce projet n’a pas manqué de soulever l’intérêt du Club Rotary, une organisation internationale dont l’un des objectifs est d’encourager et de promouvoir ce type d’initiatives. Le Club Rotary de Guingamp, qui finance d’ailleurs une école au Sénégal, a sélectionné la candidature de Sarah Le Guern parmi une vingtaine d’autres. Ceci lui permettra de recevoir 1 000 euros (environ 1 440 dollars) par mois pendant trois ans. L’étudiante, qui a dû convaincre un jury composé de plusieurs décideurs du bien-fondé de sa démarche, pourra donc payer ses droits de scolarité, son permis d’études, son loyer et sa nourriture. Elle sera épaulée tout au long de son séjour par le Club Rotary de Québec. «Nous avons été séduits par sa volonté de réussir et son désir de venir en aide aux enfants ayant le même handicap. Cette épreuve lui a fait prendre conscience de sa valeur personnelle. Le Rotary est fier de ce dossier, car nous voyons de jour en jour la progression de Sarah», dit Jacky Cadorel, le président du Club Rotary de Guingamp.

N’étant pas du genre à tergiverser, l’étudiante s’implique pour l’instant dans plusieurs organisations à but non lucratif. Elle fait du bénévolat au sein de l’Armée du Salut, de la Fondation Rêves d’enfants et de l’organisme Grands Frères Grandes Soeurs, en plus d’avoir participé à la Course à la vie de la Fondation canadienne du cancer du sein, qui a permis d’amasser des fonds pour cette cause. En France, elle a été pendant un an vice-présidente de l’association Dys de Coeur, qui aide les enfants éprouvant des difficultés d’apprentissage. Engagée, vous dites? Le qualificatif lui sied très bien.

Marc Robitaille

Habituée à faire du bénévolat, Sarah Le Guern a participé durant le temps des Fêtes à une campagne d'emballage-cadeau au profit de la Fondation Rêves d'enfants.

Photo: Marc Robitaille

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