C’est à Lincoln, en Ontario, que la ministre fédérale des Sciences et des Sports, Kirsty Duncan, a annoncé, le jeudi 16 août, l’octroi, par Génome Canada, de 3 M$ au professeur Claude Robert, du Département des sciences animales, et au professeur Steeve Côté, du Département de biologie, pour le financement de leur projet conjoint présenté au Programme de partenariats pour les applications de la génomique.

Les deux chercheurs travailleront en partenariat avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) à la mise au point d’une puce à ADN, un outil génomique qui aidera les agents de protection de la faune à gérer et à protéger les populations de caribou en déclin. Par exemple, le troupeau de la rivière George ne comptait plus que 8 900 bêtes en 2016, alors qu’il en comptait plus de 800 000 au début des années 1990. Le MFFP, qui a élaboré plusieurs plans d’action, veut maintenant y intégrer la génomique. Cette science a un potentiel en matière de surveillance de la diversité génétique, de la détermination et de la gestion des populations à risque.

La biopuce de marqueurs SNP qui sera mise au point permettra d’identifier des troupeaux particuliers à l’aide d’un simple échantillon de tissu. Elle sera couplée à un portail Web hébergeant un registre des génotypes du caribou et à un pipeline d’analyse de données. Des paramètres descriptifs pangénomiques permettront de prendre de meilleures décisions en matière de gestion des troupeaux et d’améliorer l’efficacité des mesures de protection. La pérennité du caribou est essentielle, à la fois pour la stabilité des écosystèmes, pour la sécurité alimentaire et la stabilité économique des communautés nordiques.

Mutations génétiques

Le professeur Christian Landry, du Département de biologie, obtient, pour sa part, 2 M$ du programme de subventions Fondation des Instituts de recherche en santé du Canada. L’annonce a été faite il y a quelques semaines. Sur sept ans, le chercheur développera un programme de recherche novateur en biologie des systèmes et en biologie synthétique. Ses travaux porteront sur les effets des mutations génétiques qui se produisent chez l’être humain. Christian Landry tentera de comprendre pourquoi certaines mutations peuvent mener à des maladies. Ces recherches pourront aider à prédire les prédispositions génétiques à certaines maladies. Les résultats de ces travaux alimenteront la connaissance de ces mécanismes en vue de la création de médicaments ciblés.

Quant au professeur Charles Bellemare, du Département d’économique, il reçoit une subvention totale de 1,6 M$ pour la poursuite de ses travaux de recherche sur les obstacles auxquels font face les personnes ayant des incapacités physiques sur le marché du travail. L’annonce de cet octroi a eu lieu au début d’août. L’argent provient des Instituts de recherche en santé du Canada (629 000$), du Conseil de recherche en sciences humaines (514 000$) et des partenaires du projet (449 000$). Ce projet a été lancé en 2015. Il a permis de constater, au Québec, la très forte discrimination à l’embauche envers les personnes ayant des limitations physiques. Le nouveau financement permettra aux chercheurs d’explorer des pistes de solution, à la fois pour réduire ladite discrimination et pour l’élaboration de nouvelles politiques qui reflètent ces réalités. L’équipe du professeur Bellemare comprend 11 chercheurs provenant de l’Université Laval, des universités du Québec à Trois-Rivières et à Rimouski, et des universités de Montréal et de Moncton.