Six étudiants de premier et de deuxième cycle de la Faculté des sciences de l’administration (FSA) ont vécu toute une émotion le 23 février dernier à Toronto en terminant au premier rang de la prestigieuse Rotman International Trading Competition. L’événement était organisé par la Rotman School of Management, une école de commerce de troisième cycle de l’Université de Toronto. Durant trois jours, 52 équipes représentant des universités d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Afrique et d’Asie se sont affrontées autour de 6 cas de simulation boursière inspirés de situations réelles de la finance de marché.

L’équipe FSA ULaval était composée de Gabriel Boivin, du 2e cycle en ingénierie financière, Claudio Facchinelli, Pierre-Yves Gendron et Alexandre Fortin-Cantin, du 2e cycle en finance, et de Vincent Mathieu et Julien Doré, du 1er cycle en finance. Les supervisait David Bouchard, gestionnaire des salles des marchés Carmand-Normand et Jean-Turmel.

«Nous avons pu utiliser ces salles durant notre préparation, ce qui nous a été très bénéfique, affirme Vincent Mathieu. Nous avons été choyés de pouvoir avoir accès à des ordinateurs et à des logiciels perfectionnés. Nous avons retrouvé une infrastructure et des outils semblables à Toronto.»

Les étudiants de l’Université Laval ont particulièrement bien fait dans le cas portant sur la gestion de commodités telles que le pétrole, le gaz naturel et les crédits carbone, ainsi que dans le cas relatif à la volatilité sur les options. Chaque fois, ils ont obtenu la deuxième place.

«Dans le premier cas, raconte Vincent Mathieu, nous étions deux traders, dont moi. Il y avait aussi un producteur de pétrole et un raffineur. Les traders devaient interpréter diverses nouvelles, dont plusieurs macro-économiques, pour ainsi prédire les tendances des prix. On décidait alors d’acheter ou de vendre des barils de pétrole, ainsi que leurs produits dérivés, notamment l’huile de chauffage. Nous avons fait 4 simulations de 960 secondes chacune. La clé du succès a été d’analyser rapidement les nouvelles et de décider rapidement quel geste poser. Nos décisions ont été payantes.»

Dans le cas relatif à la volatilité, l’équipe FSA ULaval a pu bénéficier d’un modèle d’analyse presque 100% automatique conçu entièrement par Gabriel Boivin. «Ce modèle, souligne-t-il, permettait, dans un contexte de volatilité propre aux options d’achat/vente, de profiter d’un écart non justifié du prix d’une option d’un titre sur les marchés. Le prix du titre convergeait ensuite en quelques secondes vers sa vraie valeur, ce qui nous a rapporté des gains.»

Dans les quatre autres cas de simulation boursière, l’Université Laval a pris les 7e, 9e, 11e et 13e rangs au classement général. Pour la simulation à la criée, Vincent Mathieu et ses coéquipiers ont obtenu la 7e place. La criée était l’ancienne façon de faire très animée sur les planchers des places boursières, avant l’avènement du micro-ordinateur et de la tablette électronique. «Chacun de nous devait essayer de trouver un acheteur ou un vendeur et négocier avec cette personne, explique l’étudiant. Un analyste de notre équipe était situé en haut de nous. Il recevait des nouvelles macro-économiques qui entraient dans son modèle d’analyse et nous faisait signe d’acheter ou de vendre tel ou tel titre. Dans la cacophonie générale, le but était d’agir très rapidement. Cette activité, très différente du travail sur ordinateur, nécessite des habiletés sociales. Elle a été très formatrice.»

Quatre des six étudiants, dont Vincent Mathieu, ont fait la compétition en 2018. L’équipe de l’Université Laval avait alors terminé troisième au classement général. «Certains cas de simulation sont revenus, d’autres étaient nouveaux, indique-t-il. Mais nous savions quoi corriger. Ce fut une très grosse différence.»

L’étudiant compare le domaine de la finance à «une jungle». «Les gens, dit-il, sont tellement bons, tout le monde pense à soi. C’est fascinant de voir une telle compétition.»

Ces deux participations à la Rotman International Trading Competition, qu’ont-elles rapporté? «Personnellement, répond Vincent Mathieu, je sais un peu plus ce que j’aime en finance. J’ai aussi appris à quel point le travail en équipe est important. C’est la grande leçon à retenir de ces expériences. Dans une équipe, chacun a ses forces et ses faiblesses. Il s’agit de camoufler les faiblesses et de faire valoir ses forces.»

En 2013 et 2014, l’Université Laval avait également remporté les grands honneurs à cette compétition.