Alex Moreau étudie en première année de maîtrise à l’École d’architecture. Fin janvier, sur le campus, il a participé au Défi Cecobois 2019 avec 14 autres étudiantes et étudiants de l’Université Laval inscrits en architecture, en génie civil ou en génie du bois. Cecobois est le centre d’expertise sur la construction commerciale en bois. En tout, sept établissements universitaires québécois étaient représentés par 50 étudiants des 1er, 2e et 3e cycles inscrits dans l’une ou l’autre de ces disciplines. Leur défi: concevoir et construire une structure à l’échelle 1:25 d’une station vitrine du Réseau express métropolitain (REM) en utilisant uniquement le bois comme matériau. Le REM est un important projet de métro léger entièrement automatisé en construction dans la grande région de Montréal. Les étudiants étaient répartis en 10 équipes multidisciplinaires. Ils avaient deux jours pour relever le défi.

«Dans notre proposition, nous nous sommes inspirés de la dynamique des tramways sur le rail, explique Alex Moreau. Ils décélèrent à la station, comme la forme du bâtiment qui devient plus petite vers la fin. Le bois, élément de structure du projet, lui donne du mouvement et de la légèreté. Les poteaux inclinés servent à la fois comme éléments portants, mais aussi comme contreventements. Indépendants l’un de l’autre, les poteaux n’en demeurent pas moins reliés par la zone de service située sous le viaduc.»

Alex Moreau et Jean-Sébastien Lavoie, celui-ci inscrit au baccalauréat coopératif en génie du bois, représentaient l’Université Laval au sein de l’équipe gagnante composée de cinq membres. Le jury a attribué le premier prix à ce projet pour «la structure bien pensée qui contribue de manière cohérente à l’architecture et […] qui apporte un dynamisme perceptible tant au niveau urbain qu’au niveau de l’expérience du passager».

L’équipe a su relever deux défis avec brio, celui du temps limité et celui des ressources matérielles limitées. Selon Alex Moreau, les derniers instants ont été «très intenses». «Seuls les outils manuels étaient permis, indique-t-il. Pour réaliser les baguettes servant aux poteaux inclinés, nous devions couper des baguettes plus larges sur la longueur avec une égoïne. Cela a pris quatre heures à deux personnes, quelque chose qui aurait pris 10 minutes avec un banc de scie.»

Et le travail d’équipe avec des gens d’autres disciplines et d’autres universités? «Nous ne pensions pas avoir autant de facilité à travailler ensemble, répond-il. Les connaissances de chacun ont été mises à profit et tous savaient quoi faire. La “chimie” d’équipe est sûrement ce qui a fait la différence lors des résultats.»

En tout, huit étudiants de l’Université Laval font partie des équipes ayant remporté les trois premiers prix et la mention. Soulignons que le projet ayant terminé premier a reçu le prix Coup de cœur, à la suite d’un vote tenu auprès de l’ensemble des participants. Le deuxième prix a été remis à une équipe formée notamment de trois étudiants de l’Université Laval. Ce sont Xavier Gallant et Benjamin Lirette, inscrits en génie du bois, et Sophie Lavergne, une étudiante en architecture. «Toute en simplicité, ont dit les membres du jury à propos de ce prix, la structure épurée exploite efficacement les qualités du matériau bois. Il en résulte un concept efficace qui rend le projet hautement réalisable.»

Pierre-Olivier Gélinas est inscrit au baccalauréat coopératif en génie du bois à l’Université Laval. Il faisait partie de l’équipe ayant obtenu le troisième prix. «Notre proposition était constituée de plusieurs arches qui la rendaient unique, précise-t-il. Leur conception était sans doute le plus gros défi de notre structure. Il était difficile de calculer leur angle de courbure pour respecter la hauteur maximum, mais aussi la hauteur minimum pour que le train passe.» Fonctionner à l’intérieur d’une équipe multidisciplinaire l’a enchanté. «J’ai adoré travailler avec des étudiants de programmes différents, dit-il. Chacun apportait des idées, autant pour la conception que pour la fabrication.»

De son côté, le jury a apprécié le souci du détail de la maquette, qualifiant ce projet d’«expressif et audacieux». Celui-ci «présente une forme particulièrement bien adaptée à l’utilisation du matériau bois».

Durant les deux jours du Défi Cecobois, les étudiants ont pu bénéficier des conseils de professionnels, dont trois professeurs de l’Université Laval. Ce sont Mario Fafard et Marc Oudjene, du Département de génie civil et de génie des eaux, et Jacques White, de l’École d’architecture.

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Le projet ayant mérité le deuxième prix et son équipe de concepteurs-constructeurs. Les trois étudiants à partir de la droite sont de l'Université Laval.

Photo : Yves Laroche / Voltaic

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Le troisième prix est allé à l'équipe composée notamment de Pierre-Olivier Gélinas, étudiant en génie du bois à l'Université Laval. Ce dernier est deuxième à partir de la gauche.

Photo : Pierre-Yves Laroche / Voltaic