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Volume 53, numéro 18 | 8 février 2018

Vie étudiante

Auteur ou pas auteur?

Inconsciemment ou non, plusieurs se qualifient d'auteur sans vraiment en être un. Quand sommes-nous réellement l'auteur d'un texte ou d'une œuvre?

Par Nathalie Kinnard

Vous participez uniquement à la recherche bibliographique d’un travail. Êtes-vous un auteur? Non. Et si vous financez ou supervisez un projet? Pas plus. Même si vous avez eu l’idée à l’origine d’une création, si vous ne participez pas à son élaboration, vous ne méritez pas le titre d’auteur. Pourtant, dans le milieu universitaire, il est courant de voir de telles personnes signer des articles de recherche ou des œuvres. «Ce problème dit de fausse attribution est souvent inconscient, mais il discrédite le travail quand il est porté à l’attention de tous», déplore Georges Azzaria, un ancien professeur de la Faculté de droit qui dirige depuis peu l’École d’art. Il porte ombrage également à la qualité du travail issu des universités, alors qu’on en vient à douter de la légitimité, par exemple, d’un professeur qui publie une quinzaine d’articles par année.

Comment savoir si on est auteur ou non? «La loi stipule qu’on est auteur quand on participe à l’expression nouvelle d’une idée ou d’un concept, dans un texte par exemple», explique Georges Azzaria. Ainsi, tout étudiant qui s’implique activement à faire avancer une idée et à rédiger ou à réaliser une partie de l’œuvre doit voir son nom figurer parmi les auteurs. Inversement, un professeur ou un chercheur en charge d’un projet ne devrait cosigner un article que s’il a réellement collaboré au travail.

Le professeur Azzaria a souvent reçu dans son bureau des membres de la communauté universitaire qui se demandaient pourquoi leur nom ne figurait pas dans une publication à laquelle ils avaient participé activement. C’est pour mettre toutes ces règles au clair que le spécialiste en droit d’auteur a participé au Forum sur l’interdiction de plagier, organisé par l’AELIÉS le 7 février. La fausse attribution d’auteur est, en effet, liée de près au plagiat. «On peut s’inspirer d’une source ou paraphraser un autre auteur, mais il faut toujours indiquer la référence, rappelle Georges Azzaria.  Reprendre du texte ou le travail de quelqu’un et se l’attribuer, c’est du plagiat!» C’est ainsi que toute personne qui a participé à l’expression d’une œuvre doit être reconnue comme auteur. Bref, il faut rendre à César ce qui est à César! Le professeur Azzaria insiste, cependant, sur le fait que tout le monde peut récupérer une idée sans être accusé de plagiat: les idées appartiennent à tous et ne sont pas protégées légalement.

Actuellement, la fausse attribution d’auteur et le plagiat restent banalisés, notamment à cause d’Internet, dont le contenu est vu comme public et non soumis au droit d’auteur. L’Université Laval fait beaucoup d’efforts en ce sens pour réduire le copier-coller entre ses murs. Par exemple, les professeurs sont sensibilisés au problème afin d’être des plus vigilants envers leurs étudiants. Certains ont même recours à des logiciels pour repérer les textes plagiés. «Ce qui est dommage avec le plagiat, c’est que la personne n’apprend pas, signale le professeur Azzaria. Et on ne fait pas avancer les connaissances.»

Pour en savoir plus sur le droit d’auteur à l’Université Laval, consultez le site Web du Bureau du droit d’auteur.

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