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Volume 47, numéro 2 | 8 septembre 2011

Société

La banlieue s’étale

Un ouvrage sur l'étalement urbain destiné à tous ceux que le débat social sur l’avenir des villes intéresse

Par Renée Larochelle

Il fut une époque où s’établir en banlieue de Québec signifiait vivre à Cap-Rouge, à L’Ancienne-Lorette ou à Saint-Jean-Chrysostome. Au fil des ans, la banlieue n’a cessé de gagner du terrain, et s’appelle aujourd’hui Saint-Augustin-de-Desmaures, Lac-Beauport et Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Les trajets, eux, se font presque toujours en voiture, qu’on possède souvent en double, quand ce n’est pas en triple pour combler les besoins en déplacement des familles comptant des adolescents ou de jeunes adultes qui étudient en ville.

Comment expliquer cette attirance de la population, chez les jeunes familles et aussi chez ceux qui y sont établis de longue date, vers des secteurs toujours plus excentrés? Un groupe de chercheurs de l’Université a enquêté auprès de banlieusards et livre le résultat de ses recherches dans La banlieue s’étale, un ouvrage publié récemment aux Éditions Nota Bene. L’ouvrage ne s’adresse pas qu’à des spécialistes, mais aussi aux décideurs et aux citoyens que le débat social sur l’avenir des villes intéresse.

«Si on veut attirer les gens dans des secteurs plus centraux, il faut d’abord comprendre ce qui les motive à vivre en banlieue», dit Andrée Fortin, professeure au Département de sociologie ayant dirigé cette étude, avec Carole Després et Geneviève Vachon, de la Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels. Première constatation: souvent, les banlieusards ne le font pas pour fuir la ville, mais afin de vivre dans le secteur où ils ont eux-mêmes grandi. Deuxièmement, pour bien des personnes qui viennent de la campagne, la banlieue constitue un moyen de se rapprocher de la ville. Viennent ensuite la proximité de la nature, synonyme de calme et de tranquillité, et le désir d’élever ses enfants dans un milieu considéré comme plus favorable pour leur santé physique et mentale.

«Bien des gens ne conçoivent pas qu’on puisse élever des enfants en ville, dit Andrée Fortin. Ils changeraient peut-être d’idée si on y trouvait davantage de parcs et d’espaces où les enfants pourraient jouer en toute sécurité. Même chose pour les amoureux de la nature: la ville pourrait mieux faire connaître tout ce qu’il est possible de faire en milieu urbain, à commencer par le ski de fond sur les Plaines, par exemple. Il faut aussi mieux comprendre le rapport qu’ont les gens avec leur voiture. Est-ce qu’une hausse du coût de l’essence ramènerait les gens en ville? C’est tout cela qu’il faut examiner.

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«Si on veut attirer les gens dans des secteurs plus centraux, il faut d'abord comprendre ce qui les motive à vivre en banlieue», estime Andrée Fortin, professeure au Département de sociologie.

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