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Volume 52, numéro 21 | 16 mars 2017

Société

Célébrer la diversité

Le Festival de la diversité sexuelle et de genre offrira un bouquet d'activités sur le campus et dans le centre-ville du 19 au 25 mars

Par Pascale Guéricolas

Organisé par le Groupe gai de l’Université Laval (GGUL), cet événement annuel joue un rôle essentiel  dans la vie de la communauté homosexuelle et trans à Québec. Le spectacle-bénéfice Walt Disgay, sur le thème de la magie de l’enfance, ouvrira le bal au cabaret Le Drague, le 19 mars. Plusieurs activités de réseautage auront également lieu, comme ce vin et fromages, prévu le 24 mars, qui permettra aux participants des différentes associations de rencontrer des élus et des membres de la direction de l’Université Laval ainsi que de briser l’isolement.

Certaines conférences aborderont plusieurs réalités liées à la sexualité. L’une d’elles, présentée par la conférencière Chloé Fortin-Côté, s’intéressera à l’identité trans. «J’ai l’impression que beaucoup de travail a été accompli au Québec en ce qui concerne les gais et les lesbiennes, même si des formes insidieuses d’homophobie persistent, souligne Hubert Pelletier-Picard, président du GGUL. Les trans, par contre, vivent encore énormément de discrimination. Beaucoup de gens ne font pas la différence entre le sexe et le genre qui s’exprime.» L’étudiant énumère quelques situations de la vie quotidienne qui posent des difficultés à ceux et à celles qui ont du mal à s’identifier au sexe qui leur a été imposé. Par exemple, cocher la case «homme» ou «femme» sur un formulaire donnant accès à une banque alimentaire ou à un logement s’avère un choix difficile. Accéder à des soins de santé pose aussi beaucoup de problèmes aux trans: plusieurs médecins de famille, par exemple, refusent de prendre en charge des patients ayant recours à des traitements hormonaux puisqu’ils craignent les interactions possibles avec les autres médicaments. Encore aujourd’hui, il est difficile de se faire embaucher lorsque l’employeur a du mal à classifier le candidat ou la candidate dans une catégorie sexuelle précise. «Ce n’est pas évident de se présenter pour une entrevue en robe, avec des épaules carrées et un peu de barbe», illustre Hubert Pelletier-Picard. Cette conférence, prévue le 20 mars, à 11h30, au local 2500 du pavillon Adrien-Pouliot, permettra donc aux participants de mieux comprendre la façon dont les trans vivent les stéréotypes reliés au genre.

Autre réalité difficile: celle des réfugiés LGBT au Canada. Nathalie Ricard, étudiante au doctorat en anthropologie à l’Université Laval, a rencontré une centaine de demandeurs d’asile de cette catégorie à Vancouver, à Toronto et à Montréal. Le 21 mars, à 11h30, elle présentera une conférence sur le sujet au local 2508 du pavillon Adrien-Pouliot. «Depuis 1993, le Canada reconnaît les persécutions liées au genre comme motif pour accorder l’asile aux gais, aux lesbiennes, aux bisexuels et aux trans, même si ce n’est pas écrit noir sur blanc dans la Convention de Genève, explique la chercheuse. Par contre, le traitement de ce genre de demande dépend beaucoup de l’orientation politique du gouvernement.»

Les ressources d’accueil communautaires offertes à cette clientèle varient beaucoup d’une ville à l’autre. Ainsi, Toronto dispose d’une grande panoplie de services pour les réfugiés LGBT, qui se trouvent en grand nombre dans cette métropole. Par contre, c’est à Vancouver que les différentes associations coordonnent le mieux leurs efforts pour aider ces réfugiés et faciliter leur insertion sociale. «Ces personnes ont des besoins très particuliers, et les organismes communautaires manquent de ressources pour y répondre, explique la doctorante. Bien accueillir des gens qui ont souvent subi des chocs traumatiques est pourtant extrêmement important.»

Plus d’information sur le Festival de la diversité sexuelle et de genre.

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Photo: Ahobaga

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