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Volume 53, numéro 10 | 16 novembre 2017

À la une

Célébrer les lettres et les sciences humaines

La Faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH) célébrera ses 80 ans d'existence par des dizaines d'activités réparties sur cinq jours

Par Yvon Larose

Près de 35 activités en 5 jours: c’est dire l’ampleur de la programmation qui célébrera, du 20 au 24 novembre, le quatre-vingtième anniversaire de la FLSH. Conférences, tables rondes, débats, projections de films, colloques étudiants et événements artistiques: les festivités témoigneront de la richesse de la contribution de la Faculté au monde qui nous entoure. Rappelons que la Faculté comprend quatre départements (information et communication; langues, linguistique et traduction; littérature, théâtre et cinéma; sciences historiques) et une école, soit l’École de langues. Elle accueille chaque année près de 4 000 étudiantes et étudiants dans une centaine de programmes aux trois cycles d’études.

«J’ai proposé aux professeurs de suspendre leurs cours et d’encourager leurs étudiants à participer à la Semaine des lettres et des sciences humaines, explique le doyen Guillaume Pinson. Selon moi, les étudiants retireront autant de cette expérience que s’ils assistaient à leurs cours. De nombreux professeurs ont accepté.»

Le lundi 20 novembre, une table ronde aura pour thème «Le printemps arabe: sept ans après». Le lendemain, trois enseignants de l’École de langues partageront quelques notions éclairs de leur langue de prédilection: l’arabe, le japonais et le portugais. Le mercredi, les enseignants et les enseignantes en création littéraire feront un grand récital de prose et de poésie. Le jeudi, une table ronde réunira des journalistes scientifiques autour du thème «Le défi journalistique des controverses sur les vaccins». Enfin, le vendredi, un cours public sera donné sur la guerre de Cent Ans.

La Faculté des lettres voit le jour en 1937 à la suite de la création, en 1920, d’une école normale supérieure pour la formation des professeurs. Cette école se composait d’une section «lettres» et d’une section «sciences». À ses débuts, la Faculté des lettres offre des cours de français et d’anglais, de latin et de grec, de langues modernes et de pédagogie. Dès 1938, la Faculté instaure des cours d’été de français, répondant en cela aux nombreuses demandes en provenance du Canada et des États-Unis.

«Aujourd’hui, souligne Guillaume Pinson, tous les étudiants étrangers qui éprouvent des difficultés en français passent par l’École de langues. Tous les étudiants québécois qui ont besoin d’apprendre les rudiments d’une langue seconde font pareil. L’enseignement des langues constitue une vieille tradition de la Faculté.»

Un autre fait saillant dans la jeune histoire facultaire est la création, en 1944, des Archives de folklore et d’ethnologie. Cette décision entraîne la mise sur pied d’une formation en folklore canadien et en folklore comparé. Deux ans plus tard, l’Université fonde l’Institut d’histoire et de géographie. Plusieurs certificats d’études supérieures sont offerts. En 1955, l’Institut se scinde en deux: l’Institut d’histoire et l’Institut de géographie. En 1961, le nouveau Centre d’études nordiques se rattachera à ce dernier institut. En 1970, la Faculté entreprend la réforme de ses structures et crée des départements. Depuis 2013, la Faculté a modifié son nom pour devenir la Faculté des lettres et des sciences humaines.

Plusieurs personnalités ont contribué, par leur dynamisme et leur talent, à faire évoluer la Faculté des lettres. Mentionnons Camille Roy, le premier doyen de la Faculté en 1937. Critique littéraire, professeur et auteur, il était recteur de l’Université depuis 1924. Il a eu une influence conservatrice sur les lettres québécoises, et ce, jusqu’à la Révolution tranquille. Dans les années 1950, la Faculté a comme doyen l’écrivain Félix-Antoine Savard, auteur de Menaud, maître-draveur (1937), un classique de la littérature québécoise. En 1941, celui-ci débute sa carrière de professeur à l’Université Laval. Il sera doyen de 1950 à 1957. Un pavillon du campus porte son nom.

L’historien Marcel Trudel entreprend sa carrière de professeur d’histoire à l’Université en 1947 au nouvel Institut d’histoire et de géographie, qu’il est chargé de structurer. De 1954 à 1964, il en sera le directeur. Durant sa carrière, Marcel Trudel a écrit une cinquantaine de livres. En 1944, l’Université crée les Archives de folklore et d’ethnologie à l’instigation de Luc Lacourcière. Depuis 1940, celui-ci enseigne la littérature française à l’Université. Il poursuivra cet enseignement jusqu’en 1963. Il dirigera les Archives de folklore et d’ethnologie  de 1944 à 1975.

Jeanne Lapointe a été la première femme engagée comme professeure à la Faculté. C’était en 1940. Elle a joué un rôle majeur dans la carrière de plusieurs écrivains, tels que Marie-Claire Blais et Gabrielle Roy. Essayiste et critique littéraire, engagée socialement, elle participe à la commission Parent (1961-1967), qui s’intéresse à l’enseignement au Québec. Elle a enseigné au Département des littératures jusqu’en 1987. Enfin, Roch Valin fonde le Département de linguistique en 1962. Comme directeur, il se consacre à organiser et à développer un enseignement de la linguistique conforme aux standards d’excellence des modèles européens de l’époque.

«Certaines revues savantes, qui relèvent de notre faculté, ont marqué et continuent de marquer leurs champs d’études respectifs par leur importance et leur rayonnement, indique Guillaume Pinson. L’une d’elles est Cahiers de géographie du Québec. Elle a été fondée en 1956 sous le nom de Cahiers de géographie par des professeurs phares de la Faculté, dont Louis-Edmond Hamelin. La revue Ethnologies, née en 1979, demeure la principale revue d’ethnologie au Canada. Elle a eu un effet très structurant sur la discipline. La revue Communications, lancée en 1975, est très consultée et très présente en Europe. Elle a vu le jour à l’époque de la création des départements de communication. Recherches féministes, fondée en 1988, fait aussi partie des revues importantes à avoir vu le jour à la Faculté. Elle a une visée interdisciplinaire. Enfin, la revue Études littéraires a été lancée en 1968. Ses contenus, axés sur la théorie, le débat et l’analyse, ont laissé des traces dans l’évolution de la discipline.»

Consultez la programmation complète de la Semaine des lettres et des sciences humaines


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Pour une enquête ethnologique en 1950, Luc Lacourcière interviewe M. Morneau, un résident de Saint-Jean-Port-Joli.
Photo: Paul Gouin

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Prêtre, écrivain et professeur, Félix-Antoine Savard publie Menaud, maître-draveur en 1937. Il entre à l’Université Laval en 1941. Il sera doyen de la Faculté des lettres de 1950 à 1957. Un pavillon de l’Université Laval porte son nom.
Photo: BAnQ (Vieux-Montréal), E6,S7,SS1,D702990-702990, Gabor Szilasi, 1970.

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Les professeurs et les étudiants des cours d'été donnés à l'Université Laval en 1943 posent pour la postérité.

Photo: Turcotte & Gousse enr.

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