Le tissage de la ceinture fléchée, le chant de gorge inuit et la danse traditionnelle sont autant de pratiques qui se transmettent d’une génération à l’autre. Au-delà des statuts légaux, comment s’assurer de leur préservation et de leur mise en valeur? C’est la mission d’Ethnologik, une plateforme consacrée au patrimoine vivant. Ce site, dont la première mouture vient d’être lancée, vise à promouvoir et à valoriser des savoir-faire et des pratiques traditionnelles qui se trouvent sur le territoire québécois. Bientôt, il proposera une section où l’on publiera des idées et des projets de mise en valeur.

Derrière cette initiative se trouve Catherine Charron, étudiante au baccalauréat en sciences historiques et études patrimoniales. Inscrite au profil entrepreneurial, elle a eu l’idée d’un tel projet alors qu’elle participait, en juin, à une école d’été de l’Institut du patrimoine culturel (IPAC) à Valence, en Espagne. Ce séjour d’étude, qui se déroulait sous le thème du patrimoine agraire, lui a permis de réaliser des études de terrain. Elle a aussi assisté à des présentations d’experts des milieux universitaire, muséal et patrimonial de la région. «L’Espagne est très différente du Québec en matière de mise en valeur du patrimoine vivant, note-t-elle. Là-bas, ce sont les communautés locales qui la prennent en charge. Au Québec, il existe des lois visant à protéger le patrimoine, mais les citoyens sont très peu impliqués dans le processus.»

C’est là l’un des grands objectifs d’Ethnologik: d’abord, faire connaître le patrimoine culturel immatériel au grand public, puis inclure celui-ci dans sa mise en valeur. En plus d’être destiné aux organismes du domaine culturel, le site se veut une fabrique d’idées au service des communautés, qui pourront collaborer au contenu. Des artisans pourraient, par exemple, mettre en ligne des vidéos où ils exposent leur savoir-faire. De bons coups en matière de mise en valeur du patrimoine seront aussi présentés.

À peine lancé, le projet fait déjà boule de neige. Boursière du Fonds de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, l’étudiante a reçu en décembre le premier prix au Concours d’idées d’entreprises. Organisé par Entrepreneuriat Laval, ce concours vise à stimuler l’émergence de nouveaux projets d’entreprise dans les différentes facultés du campus. «Le projet de Catherine est prometteur. Elle propose une méthode simple et inédite pour accéder au patrimoine vivant: par l’implication directe des communautés. Les nouvelles technologies qu’elle compte utiliser permettront de recueillir facilement et efficacement les témoignages de groupes ciblés. Résultat, les projets culturels qui en résulteront seront véritablement collectifs», souligne le conseiller Pierre-Alexandre Morneau-Caron, qui l’encadre dans sa démarche.

À court terme, l’étudiante veut trouver des partenaires et un développeur Web pour peaufiner la plateforme. Cet été, elle entamera une maîtrise en ethnologie et patrimoine sous la direction de Habib Saidi, directeur de l’IPAC, et effectuera un second séjour d’études en Espagne. Son mémoire portera sur l’engagement des communautés locales dans la transmission et la préservation du patrimoine culturel de l’eau. Plus particulièrement, elle s’intéressera au Tribunal des Eaux de Valence, une institution de justice classée sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses recherches, on s’en doute, viendront stimuler sa réflexion et enrichir le site Web, Ethnologik: fabrique et collecte d’idées.

Pour suivre le projet: ethnologik.wix.com/projet