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Volume 48, numéro 13 | 6 décembre 2012

À la une

Le choix du musicologue

Pas facile de sélectionner les quelques pièces qui représentent le mieux l’histoire de la musique

Par Renée Larochelle

Depuis la nuit des temps, la musique fait partie de l’univers des humains. Il en existe de tous les styles et de toutes les époques. En fait, on serait bien embêté de choisir quelles œuvres représentent le mieux la diversité de cet art. Quoique…

Ce défi de taille, Serge Lacasse, professeur à la Faculté de musique, l’a relevé aux fins de l’exposition Musik: du son à l’émotion qui a lieu jusqu’en mars au Centre des sciences de Montréal. La quarantaine de pièces choisies parmi 12 courants musicaux servent d’introduction à cette exposition présentant par ailleurs de nombreuses activités interactives. Le programme vise surtout la clientèle des jeunes de 8 à 14 ans et leur famille.  

«Au départ, j’ai choisi de mettre de côté la musique antique», explique Serge Lacasse, qui dit s’être laissé guider autant par ses coups de cœur que par ses devoirs de pédagogue. «En musique classique, j’ai porté mes choix sur des compositeurs connus afin de ne pas trop désorienter les gens. Cela donne le Concerto pour deux violons de Bach, l’air de la Reine de la nuit dans La flûte enchantée de Mozart et la Méphisto Valse de Franz Liszt.»

Au chapitre de la musique moderne, on trouve notamment Variations pour un piano d’Anton Webern, dont la musique atonale demeure toujours assez déstabilisante, suivie par une pièce silencieuse de John Cage au piano. «Il s’agit là d’une expérience instrumentale radicale», reconnaît Serge Lacasse en parlant de cette dernière pièce.

Au rayon du rock émane Little Richard, considéré comme «le Elvis noir», et son célébrissime Tutti Frutti, composée en 1955, de même que le roi du hard rock et maître incontesté de la guitare électrique, Jimi Hendrix. La musique pop est représentée par la pétulante Gloria Gaynor qui fit les belles nuits des discothèques à la fin des années 1970 avec son succès planétaire I will survive. Céline Dion n’est pas oubliée avec sa chanson All by Myself où les capacités vocales de la diva québécoise sont poussées à leurs limites. Dans la liste de Serge Lacasse figurent également des extraits de jazz et de rap techno, sans compter la chanson folklorique (La Bolduc), française (Georges Brassens) et québécoise (Daniel Bélanger).

Interrogé sur ses sélections, le mélomane souligne qu’il aurait pu tout aussi bien remplacer Gloria Gaynor par les Bee Gees, ou encore Georges Brassens par Jacques Brel ou Barbara. La tâche s’est avérée aussi ardue du côté des musiques du monde avec l’Afrique, l’Asie, les Amériques (incluant le Nunavut) et l’Océanie.

«Ce qui ressort de tout cela, c’est l’incroyable diversité musicale qui est la nôtre, estime Serge Lacasse. Je ne crois pas que la musique soit un langage universel, comme on l’entend souvent. Bien au contraire, la musique est tout sauf universelle. Par contre, il est vrai de dire que toutes les cultures ont une musique. Chaque culture a ses codes, et il faut faire des efforts pour les comprendre. Une chose est certaine: on ne doit pas décoder la musique en fonction de sa propre vision des choses.»

Marc Robitaille

Serge Lacasse a choisi une quarantaine de pièces illustrant 12 courants musicaux pour l'exposition Musik : du son à l'émotion, qui se déroule au Centre des sciences de Montréal.

Photo: Marc Robitaille

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